Areva défend l'EPR malgré les déboires du réacteur

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AREVA DÉFEND L'EPR
AREVA DÉFEND L'EPR

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Areva a défendu jeudi la capacité de son réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR à conquérir de nouveaux marchés, faisant notamment valoir qu'il tire déjà les leçons des surcoûts et retards enregistrés sur les chantiers français et finlandais.

Le président du directoire du spécialiste public du nucléaire, Luc Oursel, a en outre estimé que le coût de l'EPR finlandais d'OL3 devrait être "voisin" de celui de Flamanville, relevé par EDF début décembre à près de 8,5 milliards d'euros.

Confirmant l'objectif de dix nouvelles commandes d'EPR d'ici à fin 2016, annoncé il y a un an, Luc Oursel ne s'est en revanche pas prononcé sur d'éventuelles nouvelles provisions pour Areva au titre de son chantier d'OL3, celles-ci atteignant déjà 3,2 milliards d'euros.

"Les difficultés que nous avons rencontrées, et que nous ne cachons pas, nous en avons tiré les leçons (...), donc nous apportons une certaine garantie en matière de délais et en matière de construction", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

En plus des réacteurs de Flamanville et d'OL3, deux autres EPR sont actuellement en construction en Chine, à Taishan.

"On ne peut pas dire que Taishan est un projet parfait mais, néanmoins, on mesure concrètement ce que nous avons enduré (...) sur OL3 et ce que cela amène pour les projets suivants", a déclaré Philippe Knoche, directeur général délégué d'Areva.

"On va maintenant, avec les prochains EPR, vers des retours d'expérience complets et ensuite vers des séries. Ça se traduit par des délais (...), mais également en termes de coûts", a-t-il ajouté.

Areva estime ainsi que les délais de construction de Taishan et d'un EPR "standard" seront globalement inférieurs d'environ 40% à celui d'OL3 et que le coût de l'îlot nucléaire, grâce à un design plus "mature", peut être aujourd'hui réduit de 15% par rapport à 2008.

LA CERTIFICATION JUGÉE COMME UN FACTEUR CLÉ

Luc Oursel a également indiqué que, selon les estimations d'Areva, le coût de production de Flamanville devrait s'établir dans une fourchette de 70 à 80 euros par mégawatt/heure (MWh), alors que certains observateurs évoquaient un chiffre supérieur à 100 euros après le nouveau surcoût qu'EDF vient d'annoncer.

L'objectif étant d'atteindre 60 euros par MWh pour un EPR standard, il a souligné que ce coût de production resterait inférieur aux 70 à 75 euros des centrales à cycle combiné gaz ou des centrales à charbon, et aux 80 à 90 euros de l'éolien terrestre.

Le président d'Areva a en outre rappelé que l'EPR était en course pour de nouveaux projets au Royaume-Uni, en Finlande, en Chine et en Inde, et que des commandes pourraient intervenir au cours des 3 à 5 prochaines années en Pologne, en Arabie saoudite, en Afrique du Sud, aux Pays-Bas et en Suède.

Faisant valoir que le réacteur d'Areva est le seul de troisième génération à avoir obtenu une certification dans quatre pays (Finlande, France, Chine et, depuis jeudi, Royaume-Uni), Luc Oursel a estimé que cette avance sur ses concurrents, notamment l'AP1000 de Westinghouse, serait un facteur clé de réussite.

"Le défi aujourd'hui, c'est que la série se fasse au travers des différents pays, avec le moins de modifications possibles d'un pays à l'autre (...) Si demain nous allons dans un nouveau pays, l'autorité de sûreté locale aura moins de travail à faire si elle sait qu'elle peut s'appuyer sur ce qui a été fait en France, en Grande-Bretagne ou ailleurs", a-t-il dit.

A 14h05, l'action Areva reculait de 0,31% à 12,96 euros. La participation du secteur public (CEA, Etat) au capital de la société s'élève à 83%.

Avec Muriel Boselli, édité par Dominique Rodriguez

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