Areva change sa gouvernance et répond à la Cour des comptes

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AREVA CHANGE DE GOUVERNANCE
AREVA CHANGE DE GOUVERNANCE

PARIS (Reuters) - Areva a annoncé mardi son intention de modifier sa gouvernance à la demande de l'Etat et défendu son modèle d'activité "intégré", récemment remis en cause dans un rapport provisoire de la Cour des comptes.

Dans ce pré-rapport dévoilé mi-mai par la presse, la juridiction a fait le procès de la présidence d'Areva par Anne Lauvergeon pendant les années 2006-2011 mais aussi critiqué la gouvernance actuelle du groupe, responsable de choix aujourd'hui critiqués.

"Aujourd'hui doté d'un conseil de surveillance, le groupe se verra doter d'un conseil d'administration pour s'aligner sur les meilleures pratiques en vigueur en France et pour mettre en place une méthode plus collaborative entre les administrateurs et la direction générale de l'entreprise", a fait savoir Areva dans un communiqué.

La mise en oeuvre du projet se déroulera dans le courant de l'année.

"Cette décision répond à deux enjeux stratégiques du groupe Areva, celui du redressement de sa performance opérationnelle et celui de l'évolution de sa gouvernance", a déclaré le président du conseil de surveillance, Pierre Blayau, cité dans le communiqué.

L'Etat français contrôle directement ou indirectement près de 87% du capital du spécialiste du nucléaire, qui réunissait mardi ses actionnaires en assemblée générale.

La Cour des comptes avait estimé dans son pré-rapport, très critique à l'égard de l'acquisition controversée de la société Uramin, que l'Etat devait se renforcer chez Areva à travers le passage d'un directoire à un conseil d'administration qui lui permettrait "de se prononcer sur les grandes offres commerciales (...) et d'arrêter les comptes".

Le président du directoire d'Areva Luc Oursel, qui pourrait devenir directeur général dans la nouvelle organisation, a par ailleurs défendu le modèle "intégré" du groupe reposant sur l'idée qu'il doit être présent tout au long de la chaîne du nucléaire.

"Il y a effectivement des questions de la Cour des comptes mais, comme pour un certain nombre d'autres questions, en 2011, quand nous avons élaboré notre plan stratégique pour Areva appelé Action 2016 (...) un élément était la consolidation du modèle intégré (...), donc il n'y a pas de débat sur ce sujet", a-t-il dit lors d'une audition à l'Assemblée nationale.

Le modèle intégré "prouve sa force", a ajouté Luc Oursel, soulignant la croissance des activités nucléaires de 7% enregistrée par Areva en 2013.

Alors que le pré-rapport de la Cour soulevait aussi la question de l'autofinancement d'Areva et de ses éventuels besoins capitalistiques, Luc Oursel a toutefois reconnu que la dette du groupe (4,4 milliards d'euros à fin 2013) restait à ses yeux trop élevée.

"Le redressement est en cours mais il n'est pas achevé", a-t-il estimé en soulignant que le rapport provisoire de la juridiction portait sur la période qui précédait la mise en oeuvre de son plan stratégique actuel.

Luc Oursel a également fait savoir que son groupe discutait avec EDF en vue d'un accord pour fournir au moins 40% de ses combustibles nucléaires à l'électricien, qui a diversifié ses sources d'approvisionnement ces dernières années.

Il a aussi indiqué qu'Areva pourrait être intéressé par les éoliennes d'Alstom, dont les activités dans l'énergie sont convoitées à la fois par l'américain General Electric et l'allemand Siemens.

Areva a annoncé fin février une nouvelle perte au titre de 2013, troisième année consécutive dans le rouge, les comptes ayant encore été plombés par des provisions sur le chantier de l'EPR en Finlande.

Il vise toutefois un cash-flow opérationnel libre avant impôts positif en 2014, puis en croissance significative en 2015-2016, cet indicateur de sa capacité à autofinancer ou non son développement s'étant établi à 204 millions d'euros en 2013.

A l'issue de l'assemblée générale du groupe, Luc Oursel a déclaré que son objectif de vendre 10 réacteurs nucléaires d'ici 2016 restait atteignable mais qu'il pourrait peut-être prendre un peu plus de temps que prévu.

"Cet objectif me parait atteignable et même s'il prend un ou deux ans de plus ça n'est pas dramatique pour l'entreprise", a-t-il observé.

(Benjamin Mallet et Geert De Clercq, édité par Jean-Michel Bélot)

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  • M2473957 le mardi 20 mai 2014 à 22:57

    Expliquez moi comment ça se fait si le nucléaire est vraiment si peu cher quil y est tant de dettes à payer?? Et surtout pourquoi ce nest pas la société qui utilise le nucléaire qui paye lardoise?

  • ppsoft le mardi 20 mai 2014 à 17:24

    ptdlol

  • 82554976 le mardi 20 mai 2014 à 17:16

    A quand la mise en prison de M et Mme Fric ???