ArcelorMittal relancera Florange si l'économie repart

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PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi qu'ArcelorMittal allait redémarrer son haut-fourneau de Florange, en Moselle, dont l'arrêt prolongé, sur fond de marasme du marché de l'acier en Europe, laissait craindre une fermeture définitive.

Mais le leader mondial de la sidérurgie a ensuite précisé que ce redémarrage au second semestre de 2012 n'aurait lieu qu'en cas de reprise économique qui déboucherait sur une augmentation de la demande d'acier.

Plusieurs syndicalistes d'ArcelorMittal à Florange ont dès lors estimé qu'il n'y avait rien ou quasiment rien de nouveau dans ces annonces, tout comme la députée socialiste Aurélie Filippetti. Les syndicats attendent la réunion du comité central d'entreprise, vendredi, pour préciser leur opinion.

Avec 500 emplois en jeu pour la partie à chaud, sur 2.667 salariés au total à Florange, ce site est devenu un des symboles d'une campagne pour l'élection présidentielle dans laquelle la défense de l'industrie en France est devenue un thème central.

Le président-candidat a dit avoir eu une réunion de travail sur le redémarrage de Florange mercredi avec Lakshmi Mittal, le directeur général indien d'ArcelorMittal.

"A la demande de l'Etat français, ArcelorMittal va investir maintenant 17 millions d'euros à Florange", a-t-il souligné sur France Inter. Sur ce total, deux millions seront consacrés aux travaux nécessaire au redémarrage du haut-fourneau, a-t-il dit.

Le reste servira à moderniser le site en finançant un nouveau gazomètre dans la cokerie et le développement de "nouveaux produits destinés au marché de l'automobile".

DÉCISION ACTÉE, POUR SARKOZY

Nicolas Sarkozy a insisté ensuite devant son QG de campagne à Paris sur la "volonté absolue" de Lakshmi Mittal "de maintenir dans la durée son engagement dans la sidérurgie en général, dans la sidérurgie française en particulier", tout en se disant conscient de la faiblesse actuelle de la demande d'acier.

"Pour autant, si le groupe ne fait pas les investissements tout de suite sur le haut-fourneau, il ne pourra pas repartir, donc il a été décidé d'investir tout de suite (...), le groupe ArcelorMittal fixant le redémarrage au deuxième semestre de cette année", a-t-il déclaré.

Tout en confirmant cet investissement, le groupe sidérurgique a déclaré dans un communiqué que le redémarrage de Florange se fera "dans la perspective d'une reprise économique".

Une porte-parole d'ArcelorMittal a ensuite déclaré à Reuters qu'il s'agit en fait d'une condition.

"Le redémarrage du site de Florange dépendra d'une reprise économique cette année. L'entreprise redémarre le haut-fourneau si la demande est là", a-t-elle souligné.

Elle n'a toutefois pas précisé quelles données économiques seraient prises en compte par ArcelorMittal pour valider un éventuel scénario de reprise.

LES SYNDICATS DÉCUS

Les syndicats ont immédiatement réagi en soulignant que cela ne valait pas engagement à redémarrer la filière liquide.

"Si c'est pour répéter que les hauts-fourneaux redémarreront quand la conjoncture le permettra, il n'y a rien de nouveau sur la planète", a dit François Pagano, responsable de la CFE-CGC.

"On veut qu'il nous donne un objectif de redémarrage quelle que soit la conjoncture", a-t-il ajouté.

"On est très déçu. C'est toujours du conditionnel", a dit Frédéric Weber, de la CFDT. "C'est beaucoup d'esbroufe, beaucoup de bruit, mais peu de concret."

Mais pour Nicolas Sarkozy, des engagements sont pris.

"Ce sont des décisions concrètes, comme pour Petroplus, Photowatt, Lejaby", a souligné le chef de l'Etat, en énumérant les dossiers dans lesquels il est intervenu depuis un mois pour éviter des fermetures d'usines.

Il a aussi rappelé ses efforts, quand il était ministre des Finances, pour éviter un dépôt de bilan d'Alstom en 2004.

Il s'en est pris au passage à son principal adversaire, le candidat socialiste François Hollande, qui le devance dans les sondages sur les intentions de vote.

"Il a été à Florange, il est monté sur une camionnette entouré de drapeaux CGT, ça n'a pas donné un emploi de plus et un centime d'euro de plus aux salariés", a dit Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat, qui n'a pas pu empêcher la fermeture d'un autre site lorrain d'ArcelorMittal, Gandrange, en mars 2009, malgré sa promesse de 2008 de tout faire pour l'éviter, a néanmoins assuré que les engagements pris plus tard envers les 571 salariés concernés avait été "scrupuleusement tenus".

"Il y en a 571 qui ont été reclassés. Il n'y a eu aucun licenciement", a-t-il dit. "Par ailleurs il y a des engagements de revitalisation qui ont été pris, avec de l'argent versé par ArcelorMittal. D'ores et déjà, 345 emplois ont été créés."

Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse

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  • M6486201 le jeudi 1 mar 2012 à 14:28

    Ces messieurs de la gauche voient la victoire s'éloigner alors ils deviennent hargneux leur vraie nature revient

  • imozen le jeudi 1 mar 2012 à 14:26

    Il a "exfiltré" la journaliste du Figaro de Homs ; il a sauvé Petroplus, Lejaby, ArcelorMittal, etc.. Les SDF, y en a plus ! Le chômage ? oublié ! Le déficit public ? Du passé ! La croissance ? Avec les dents ! Comment va-t-on se passer d'un tel héros ? Faudra bien dès le mois de mai.

  • M6486201 le jeudi 1 mar 2012 à 14:25

    yvounet soit poli

  • yvounet1 le jeudi 1 mar 2012 à 14:21

    menteur, menteur, allez casse toi