ArcelorMittal: leader incontesté du CAC 40 depuis fin 2015.

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(CercleFinance.com) - L'heure de la revanche semble avoir sonné pour ArcelorMittal : en hausse de 21% sur la semaine et de près de 60% depuis le début de l'année, l'action du sidérurgiste intégré européen tient - et de loin - la tête des plus fortes hausses de l'indice parisien CAC 40 sur les périodes considérées. Or ces dernières années, le titre était plutôt habitué aux palmarès baissiers. Bilan, marchés du fer et de l'acier, voire antidumping et concentration : tout semble (enfin) aller mieux.

En effet, le groupe revient de loin : alors que le titre ArcelorMittal tutoyait les 25 euros au printemps 2010, il est tombé sur les 2 euros en début d'année. Les causes sont connues : d'abord dégradation de la demande et des prix du minerai de fer, alors que le groupe venait juste de se doter d'une activité minière de classe mondiale. Puis une conjoncture déprimée pour le marché de l'acier alors que de plus les acteurs chinois, qui font face à une baisse de leur demande domestique, se sont mis exporter leurs aciers en masse, éventuellement à perte.

Numéro un mondial parmi les sidérurgistes, l'européen ArcelorMittal a eu d'autant plus de mal à faire face que sa dette restait élevée (près de 16 milliards de dollars en fin d'année dernière), et qu'elle coûtait, en intérêts, une part de plus en plus lourde d'un résultat d'exploitation en berne.

Puis la roue a tourné : le 11 février, le titre touchait un plus bas historique à presque 2 euros, alors que deux mois plus tard il en vaut pratiquement 5 !

En effet, le groupe a d'abord organisé une augmentation de capital d'environ trois milliards de dollars, finalisée début avril. Cette opération très dilutive est intervenue à un prix très décoté (2,20 euros par action nouvelle) qui permet, aujourd'hui, à ceux qui ont souscrit de réaliser un rapide profit sur cette opération. Et aussi d'assainir le bilan du groupe. L'actionnaire principal, c'est-à-dire la famille Mittal qui détient près de 40% des parts, y a d'ailleurs participé à la hauteur de sa quote-part.

De plus, les courtiers semblent devenus plus positifs : dès le 11 mars, Morgan Stanley émettait un premier conseil d'achat de la valeur, ce qui était alors osé, en visant 5,9 euros, un objectif désormais presque atteint. Puis Credit Suisse est repassé à l'achat le 13 avril, en visant 6,6 euros.

L'accélération des mesures d'économies au sein du groupe et de meilleures tendances pour le marché de l'acier ont fait le reste. Sans oublier les appels de plus en plus vifs à des mesures antidumping de la part de l'Union européenne en matière d'acier - même si la réponse politique se fait encore attendre.

Ultime catalyseur : une éventuelle concentration parmi les aciéristes européens, ce dont les marges tendraient mécaniquement à profiter. En effet, la presse économique fourmille de rumeurs de rapprochement : hier, le journal allemand Rheinische Post prêtait ainsi à l'indien Tata Steel l'intention de rapprocher ses activités européennes de celles de ThyssenKrupp. Des discussions préliminaires seraient en cours.

Puis ce matin, un autre journal allemand, le Handelsblatt, croyait savoir que ThyssenKrupp se demanderait s'il ne devrait pas plutôt fusionner avec ArcelorMittal ou Salzgitter, deux autres grands sidérurgistes européens. Même si pour l'heure, rien n'est confirmé.

Quoi qu'il en soit, la capitalisation boursière d'ArcelorMIttal, soit 15 milliards d'euros ou 17 milliards de dollars, dépasse de nouveau le montant de sa dette nette (en fin d'année dernière). Bref, les actionnaires du groupe ont en quelque sorte repris l'avantage sur les créanciers.

EG


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