ArcelorMittal fermera les deux hauts fourneaux de Florange

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L'ACCÈS DES BUREAUX À FLORANGE BLOQUÉS PAR DES SYNDICALISTES
L'ACCÈS DES BUREAUX À FLORANGE BLOQUÉS PAR DES SYNDICALISTES

PLAINE SAINT-DENIS, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Le groupe ArcelorMittal a annoncé lundi lors d'un comité central d'entreprise la fermeture définitive des deux hauts fourneaux de Florange (Moselle), à l'arrêt depuis 14 mois, ont déclaré les syndicats en marge de la réunion.

"On peut dire que les hauts fourneaux de la Lorraine ont été fermés aujourd'hui", a dit Walter Broccoli, responsable syndical Force ouvrière, à Plaine Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Il a exclu toute possibilité de reprise, même si le président du groupe, Lakshmi Mittal, a selon lui accepté de céder la phase à chaud de Florange, les hauts fourneaux et les outils qui lui sont associés, dont l'aciérie.

"Il n'y aura jamais de reprise", a dit Walter Broccoli, affirmant qu'il faudrait des centaines de millions d'euros pour remettre l'outil à niveau. "L'usine n'est pas viable."

ArcelorMittal n'aurait par ailleurs pris lors du CCE aucun engagement concernant les investissements sur la phase à froid, la transformation de l'acier, contrairement à ce que demandait le gouvernement.

L'activité packaging (acier pour le boîtage), dont une des deux lignes est arrêtée depuis plusieurs mois, serait menacée si la conjoncture ne s'améliorait pas prochainement, a également dit la direction selon les syndicats.

En Moselle, une quarantaine de syndicalistes du groupe sidérurgique bloquaient lundi les accès aux locaux administratifs du site et entendaient poursuivre leur action.

"Aujourd'hui, c'est la rage, on est sous le choc, a dit à Florange Frédéric Weber, délégué de la CFDT, à Florange. "C'est un coup de massue qui tombe sur 1.000 emplois, 550 emplois directs et 1.000 avec les sous-traitants."

"Il ne nous reste plus qu'un espoir, c'est le gouvernement", a dit à Reuters Frédéric Weber.

PROJET DE LOI

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, avait annoncé jeudi aux salariés du site que le gouvernement était entré "en conflit" avec le sidérurgiste indien.

Paris exige qu'ArcelorMittal investisse 150 millions d'euros sur cinq ans dans la phase à froid de Florange, où s'opère la transformation de l'acier, afin de permettre une reprise.

Pour faire face à ce type de situation, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Bruno Le Roux, a préparé en liaison avec le gouvernement une proposition de loi pour obliger toute société désireuse de se débarrasser d'une usine à chercher un repreneur plutôt que de fermer le site - une promesse faite par François Hollande pendant la campagne présidentielle.

Les deux fourneaux de Florange, à l'arrêt depuis juin et octobre 2011, emploient 550 des 2.800 salariés du site.

Les syndicats rappellent qu'un rapport commandé par le ministre concluait en juillet à la viabilité économique du site.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé lundi que les pouvoirs publics devaient se doter de "leviers" pour assurer le maintien d'activités comme la sidérurgie.

"Il est indispensable que, dans certains domaines la puissance publique ait des leviers. Si nous n'avons pas de production d'acier dans le pays, on pourra toujours discuter de l'avenir industriel de la France", a-t-il dit sur France Info.

"Le mot nationalisation, s'il est perçu a l'ancienne, n'est peut-être pas satisfaisant mais en tout cas, la maîtrise publique d'un certain nombre d'activités", a ajouté Bernard Thibault.

Morade Azzouz, avec Vincent Kessler à Florange, édité par Yves Clarisse

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  • M4189758 le lundi 1 oct 2012 à 13:01

    JPi - L'impôts tue l'impôt. Et les délocalisations vont aller bon train. Ce n'est pas un héritage des autres, c'est une provocation du gouvernement. Il fallait réduire les dépenses de l'état France de 70% et augmenter les impôts de 30% par rapport au surendettement. Pas le contraire. Mais c'est déjà bien de commencer à en tenir compte = progrès par rapport à l'ex-gouvernement de l'U ltra M auvais P arti.

  • msglyon le lundi 1 oct 2012 à 11:47

    quelle surprise ! tous les salariés du site savaient ca depuis 6 mois au moins.Maintenant , l'info interessante serait de savoir ou en sont les operations de recherche d'un repreneur. Puisque le site est rentable (en tout cas c'est ce que disent les responsables syndicaux en se basant sur un diagnostic independant), mais pas assez pour mittal. Donc, ou en est on de cette recherche ?