Arbitrage au sommet sur la politique familiale

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LE GOUVERNEMENT VA ARBITRER SUR LA POLITIQUE FAMILIALE
LE GOUVERNEMENT VA ARBITRER SUR LA POLITIQUE FAMILIALE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français annoncera lundi comment il compte s'y prendre pour rééquilibrer les comptes de la branche famille de la sécurité sociale, en modulant les allocations en fonction des revenus ou en abaissant le plafond du quotient familial.

L'opposition critique par avance la solution retenue, qui porterait atteinte au principe d'universalité de cette politique dans le premier cas ou reviendrait à augmenter encore la pression fiscale sur les particuliers dans le second malgré les engagements de François Hollande.

La question doit être tranchée dimanche au cours d'une rencontre entre le chef de l'Etat et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, qui l'annoncera personnellement lundi devant le Haut-Conseil de la famille.

A l'Elysée, on affirmait ces derniers jours que rien n'était encore tranché entre les deux solutions possibles pour redresser une branche famille en déficit de 2,5 milliards d'euros l'an passé.

Mais dans les deux cas, ce sont les 15% de foyers les plus aisés qui devraient être touchés, laissant redouter une levée de bouclier d'une partie du pays à peine remise du long débat sur le mariage pour tous sur ce même thème de la famille.

Cette première réforme sociale du gouvernement Hollande, prélude à celles des retraites, autrement plus délicate et lourde d'enjeu, et de l'assurance-chômage prévues cette année, devrait permettre d'économiser de l'ordre de 900 millions d'euros.

"Il y a un principe qui inspirera le gouvernement, c'est la justice. Il y aura donc des économies et il y aura de la justice", assurait François Hollande jeudi dans le Tarn.

Des propos appuyés le lendemain par la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

"Une politique familiale, c'est une politique qui doit être plus juste, faire en sorte que les classes moyennes, les catégories modestes soient soutenues, cela passera par une mise à contribution des ménages les plus aisés", a-t-elle souligné sur France Info.

L'UMP VEUT D'AUTRES ÉCONOMIES

"Mais c'est aussi une politique familiale qui permet aux familles de concilier vie familiale et vie professionnelle", a-t-elle ajouté en annonçant que des places de crèche supplémentaires seront créées.

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a dit pour sa part ne pas être opposé à une suppression des allocations "au-delà d'un certain revenu".

"Je pense qu'il y a des familles pour lesquelles c'est indispensable de toucher ces allocations pour faire manger leurs enfants, et pour d'autres, au moment où ils les reçoivent ils ne s'en rendent peut-être même pas compte", a-t-il déclaré.

Dans l'entourage du président de la République, on fait remarquer que les économistes penchent pour une modification du quotient familial, une exception française permettant de taxer moins les ménages avec enfants que ceux qui n'en ont pas, mais dont le bénéfice est concentré sur les ménages les plus riches.

Selon un sondage Viavoice, 68% des Français sont favorables à une baisse des allocations familiales pour les familles les plus aisées.

Pour le président de l'UMP, l'une ou l'autre solution "constitueraient une entaille incroyable au caractère universel de la politique familiale alors qu'elle est efficace".

"Une fois encore, le gouvernement cherche à faire entrer dans la catégorie des riches une classe moyenne supérieure qui contribue par son travail à la réussite de notre pays", a-t-il dit dans une interview à La Provence.

"Il y a des économies à réaliser dans la fonction publique, les dépenses des collectivités locales, certaines aides économiques, dans la manière dont on organise notre politique sociale mais il ne faut pas toucher à la branche famille grâce à laquelle nous avons une des politiques démographiques les plus dynamiques d'Europe", a-t-il renchéri sur Canal+.

Outre un plan visant les familles les plus aisées, Jean-Marc Ayrault devrait annoncer lundi des mesures en faveur des familles monoparentales, les plus touchées par la pauvreté et la précarité.

Elizabeth Pineau et Yann Le Guernigou, édité par Jean-Loup Fiévet

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  • dhote le lundi 3 juin 2013 à 09:25

    lorant21 les intermittents ne votent pas mieux mais ce sont eux qui maitrisent l'image et la parole de ceux qui nous gouvernent donc:INTOUCHABLES!!

  • lorant21 le lundi 3 juin 2013 à 09:15

    Le déficit des intermittents c'est 1 milliard par an, facile à régler et juste (on fera moins payer les ouvriers/employés) pour le showbizz.. Mais silence radio. pourtant, cela rapporterait plus.. mais peut-être que les intermittents votent mieux (ie PS).

  • glbt38 le lundi 3 juin 2013 à 08:42

    l'aide aux familles monoparentales englobe l'aide à la polygamie.

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