Arabie saoudite-Dépenses publiques record prévues en 2015

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par Andrew Torchia DUBAI, 26 décembre (Reuters) - L'Arabie saoudite portera les dépenses de l'Etat à un niveau record l'année prochaine, selon les chiffres du budget 2015 du pays, tandis que le déficit prévu sera couvert par les réserves accumulées au sein de la banque centrale. Au vu de la chute des cours du brut, divisés par près de deux en six mois, les intervenants des marchés financiers s'étaient mis à redouter une baisse des dépenses publiques. Mais les données du budget, publiées jeudi par le ministère des Finances, illustrent clairement la confiance du gouvernement en sa capacité à faire face au plongeon du prix de l'or noir. La baisse des prix du pétrole est essentiellement le fait d'une situation de déséquilibre entre une offre abondante, alimentée par les gisements de schiste nord-américains, et une demande atone. Le repli du brut s'est brutalement accélérée après la décision prise fin novembre par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de ne pas baisser sa production. Selon certains analystes financiers, l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut mondial, n'est pas mécontente de la chute des prix du brut, se disant que cela pouvait mettre à mal certains pays producteurs non membres de l'Opep. "Nous avons la capacité de faire face à un bas niveau du prix du pétrole sur le moyen", a dit le ministre des Finances Ibrahim Alassaf sur une chaîne de télévision saoudienne. Il a défini le moyen terme comme une période allant de trois à cinq ans, ajoutant que les cours du pétrole étaient censés remonter vers la fin de 2015 ou au début de 2016. PAS BESOIN D'UN FONDS SOUVERAIN - MINISTRE Les dépenses prévues dans le budget 2015 doivent atteindre un record de 860 milliards de rials (188 milliards d'euros), soit une hausse de 0,6% par rapport au total retenu dans le budget 2014, ce qui représente la progression la moins marquée en plus de dix ans. Les recettes sont vues à 715 milliards de rials en 2015 contre 855 milliards en 2015, ce qui aboutirait à un déficit de 145 milliards, total qui équivaudrait à 5,1% du produit intérieur brut (PIB) estimé pour cette année. Les réserves du gouvernement au sein de la banque centrale, alimentées par quatre années de prix du pétrole très élevés, représentaient 905 milliard de rials en octobre, somme suffisante pour couvrir pendant six ans le déficit projeté pour 2015. "L'Arabie saoudite est dans une bonne position pour financer ses déficits (...) elle pourrait se permettre le cours actuel du pétrole pendant un an, voire deux", a noté Monica Malik, chef économiste chez Abu Dhabi Commercial Bank. Dans la foulée de la présentation des données du budget, le ministre des Finances, a rejeté l'idée, lancée par des responsables et des hommes d'affaires du pays, de la création d'un fonds souverain. Il a précisé que les réserves internationales de l'Agence monétaire de l'Arabie saoudite (SAMA), le nom de la banque centrale du pays, était gérée de manière professionnelle aussi bien par des gérants de fonds saoudiens qu'étrangers. Ibrahim Alassaf a ajouté que les retours sur investissements dégagés étaient similaires, voire parfois supérieurs, à ceux affiches par le fonds souverain norvégien. (Avec la contribution de Marwa Rashad, Benoît Van Overstraeten pour le service français)

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