Arabie-Les pèlerins sur le site de la bousculade de 2015

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    par Dahlia Nehme 
    DJAMARAT, Arabie saoudite, 12 septembre (Reuters) - Près de 
deux millions de pèlerins musulmans ont procédé à la lapidation 
symbolique du diable lundi, partie la plus risquée du pèlerinage 
de la Mecque où s'est produite il y a un an la bousculade la 
plus meurtrière du hadj depuis des décennies. 
    L'Arabie saoudite, en tant que gardienne des deux grands 
lieux saints musulmans de Médine et La Mecque, organise le 
rassemblement annuel mondial le plus important du monde 
musulman. Pour assurer la sécurité des pèlerins, le royaume a 
déployé plusieurs milliers de policiers et bénévoles, tout en 
s'appuyant sur des moyens technologiques modernes comme le 
recours aux drones ou aux bracelets électroniques. 
    L'an dernier, un mouvement de foule coïncidant avec 
l'arrivée simultanée de deux importants groupes de pèlerins à un 
carrefour de Mina, à quelques kilomètres à l'est de La Mecque, 
alors qu'ils se rendaient à Djamarat pour la lapidation rituelle 
du diable, avait fait 800 morts, selon le bilan donné par Ryad. 
Il y aurait eu en fait plus de 2.000 morts, dont plus de 400 
Iraniens, sur la base du décompte des corps rapatriés dans les 
différents pays. 
    Selon les chiffres donnés par l'Arabie saoudite, 1,86 
million de pèlerins venus du monde entier sont présents cette 
année pour le hadj, que tout musulman bien portant doit 
entreprendre au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens. 
    Les pèlerins étaient trois millions les années précédentes. 
Les autorités expliquent cette baisse par des travaux 
d'agrandissement et d'infrastructures à La Mecque ainsi que les 
conflits dans la région. 
     
    LAPIDATION 
    Lundi, sous une stricte supervision des autorités 
saoudiennes, les pèlerins habillés de blanc ont convergé vers 
Djamarat, transportant des pierres, pour procéder au rituel de 
la lapidation à partir d'un pont de trois étages érigé pour 
décongestionner le site. 
    Les bousculades pour parvenir à pratiquer la lapidation 
avant de retourner prier à la Grande Mosquée de La Mecque ont 
été la cause d'un grand nombre des morts qui ont endeuillé le 
hadj au fil des années. 
    "Cette année, ils ont mieux organisé les choses", commente 
Abdel Rahman Badr, un pèlerin égyptien qui se dit "heureux" de 
pratiquer les rituels. 
    Mohamed, 60 ans, estime lui qu'"il y a encore du travail, 
notamment pour assurer le confort des pèlerins plus âgés". 
    Le roi Salman s'est rendu lundi à Mina, au premier jour de 
la fête de l'Aïd al Adha, pour superviser la mise en oeuvre du 
plan de sécurité. 
    Dimanche, au plus fort du hadj, les pèlerins ont prié sur le 
mont Arafat. Avant d'en partir pour Mina, ils ont rejoint de 
hauts dirigeants saoudiens à la mosquée Namira, site du dernier 
sermon du prophète Mahomet il y a 14 siècles. 
    Mais, pour la première fois depuis plus de 35 ans, le grand 
mufti, la principale autorité religieuse du pays, cheikh 
Abdelaziz Al al Cheikh, n'a pas prononcé le sermon principal. Il 
a été remplacé par l'imam et prédicateur de la Grande Mosquée de 
La Mecque, cheikh Abdoul Rahman al Soudaïs, rapportent les 
médias saoudiens. 
    Selon ces derniers, Abdelaziz Al al Cheikh a demandé à être 
dispensé pour des raisons de santé. La semaine dernière, il 
avait participé à une escalade verbale avec l'Iran chiite sur le 
pèlerinage. Il avait dit que les dirigeants iraniens n'étaient 
pas musulmans, en réponse à une critique du Guide suprême 
iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, sur la manière dont l'Arabie 
saoudite avait géré la bousculade meurtrière de l'an dernier. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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  • M940878 il y a 4 mois

    on s'en contrefout