Après un coup de pouce russe, nouvelle étape critique pour le Venezuela

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Le président vénézuélien Nicolas Maduro et le président russe Vladimir Poutine, au Kremlin à Moscou, le 4 octobre 2017 ( POOL/AFP/Archives / Yuri KADOBNOV )
Le président vénézuélien Nicolas Maduro et le président russe Vladimir Poutine, au Kremlin à Moscou, le 4 octobre 2017 ( POOL/AFP/Archives / Yuri KADOBNOV )

Le Venezuela fait face jeudi à un nouveau rendez-vous critique pour sa dette, au lendemain d'un coup de pouce de la Russie qui ne devrait toutefois offrir qu'un mince répit à ce pays ruiné.

Son fleuron, la compagnie pétrolière d'État PDVSA, risque d'être décrétée en défaut de paiement dans la journée par une instance réunissant des créanciers, l'ISDA, qui se réunit à New York au sujet d'un retard de paiement de 1,161 milliard de dollars.

Il s'agirait d'un avertissement de plus, après que deux grandes agences de notation financière, S&P Global Ratings, plus communément appelée Standard and Poor's, et Fitch, ont déjà constaté un défaut partiel de l'État vénézuélien.

Mis en difficulté par la chute des cours du pétrole, le président Nicolas Maduro n'a d'autre choix que de renégocier une dette extérieure estimée à environ 150 milliards de dollars par certains experts, alors que sa population souffre déjà de graves pénuries d'aliments et de médicaments, faute d'argent pour les importer.

Marquant un premier mais relativement modeste pas dans cette direction, le Venezuela a obtenu mercredi un coup de pouce de la part de la Russie, son deuxième plus important créancier après la Chine.

Wilmar Castro, ministre vénézuélien de l'Agriculture et vice-président en charge de l'&
Wilmar Castro, ministre vénézuélien de l'Agriculture et vice-président en charge de l'Économie, à Moscou, le 15 novembre 2017 ( AFP / Alexander NEMENOV )

Une délégation du gouvernement a signé à Moscou un accord rééchelonnant un crédit russe de 3,15 milliards de dollars accordé en 2011.

Cet accord va "satisfaire un ensemble de besoins du peuple vénézuélien" et "marque un renforcement des relations entre les deux pays", s'est félicité Wilmar Castro, ministre de l'Agriculture et vice-président en charge de l'Économie.

- 'Pas de stratégie' -

Le geste de Moscou est pourtant loin de résoudre toutes les difficultés financières de Caracas, qui ne dispose plus que de 9,7 milliards de dollars de réserves et doit rembourser au moins 1,47 milliard d'ici à fin 2017, puis 8 milliards en 2018.

Note de la dette du Venezuela selon les trois grandes agences de notation financière
Note de la dette du Venezuela selon les trois grandes agences de notation financière ( AFP / Anella RETA )

"C'est un répit, mais un mince répit", a commenté auprès de l'AFP l'économiste vénézuélien Orlando Ochoa. "Cela ne change pas le contexte. Cela n'aide ni à stabiliser l'économie ni à augmenter de façon substantielle sa capacité de paiements."

"Le seul fait d'être arrivé à gratter assez d'argent pour payer les obligations ne change pas la situation d'ensemble", a pour sa part estimé Joydeep Mukherjhi, analyste spécialiste de l'Amérique latine de S&P Global Ratings.

Les analystes dans leur ensemble sont pessimistes sur les chances de renégociation avec les créanciers - dont 70% sont Nord-Américains (États-Unis et Canada), selon Caracas -, alors que le gouvernement américain interdit à ses citoyens et banques d'accepter tout accord des autorités vénézuéliennes.

Le pays, autrefois le plus riche d'Amérique latine, risque de se retrouver coupé des marchés, tout comme PDVSA, et de devoir affronter des poursuites et la saisie d'actifs et filiales à l'étranger.

Il est déjà sous pression de la communauté internationale, qui dénonce la radicalisation du président Maduro. Lundi, l'Union européenne lui a infligé des sanctions, dont un embargo sur les livraisons d'armes.

- Présidentielle avancée? -

"Nous sommes de bons payeurs malgré ce que disent les agences de notation", s'était défendu mardi le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez. "On s'en fout, nous allons payer d'un commun accord avec les détenteurs de bons."

Selon les analystes de la société Eurasia, le gouvernement devrait effectivement continuer à rembourser ses échéances dans les prochains mois, mais avec retard, dans l'espoir d'éviter un défaut général - incapacité totale de payer ses dettes - avant le scrutin présidentiel de 2018, qui pourrait être avancé de décembre à mars.

Pays en défaut de paiement de leur dette
Pays en défaut de paiement de leur dette ( AFP / Anella RETA )

Une inconnue reste la position de la Chine, principal créancier de Caracas, à hauteur de plusieurs dizaines de milliards de dollars selon les experts. Pékin s'est contenté mercredi d'estimer que le Venezuela avait "la capacité de gérer de façon appropriée" ces difficultés financières.

Outre les emprunts à des États, la dette vénézuélienne est surtout constituée de diverses échéances entre entreprises, dans une relative opacité, dont six milliards de dollars versés en avance par le pétrolier semi-public russe Rosneft à PDVSA et non concernés par l'accord de mercredi.

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  • dupon666 il y a 4 jours

    lou ravi 716 qui ne sait rien mais dira tout

  • dupon666 il y a 4 jours

    pauvre M716 qui n'a strictement aucune idée du fonctionnement de la dette

  • M7097610 il y a 4 jours

    et alors ? L'Argentine n'est ni chaviste ni gauchiste et pour autant... quelle déchéance ! Une puissance agricole majeure avec des crèves la faim dans les rues de Buenos Aires... L'un de mes pires voyages en 2003

  • wljs il y a 4 jours

    Les majors US veulent le pétrole vénézuélien et les USA font tout pour y parvenir. Ils étrangle le pays pour arriver à leurs fins. Si la Fance était endettée à 35% de son PIB comme le Vénézuela on pavoiserait. Les pays d'Amérique du Sud n'ont pas le droit de déplaire à l'Ogre US. C'est honteux.

  • Berg690 il y a 5 jours

    La Chine et la Russie prennent pied en Amérique du sud, comme elles le font déjà en Afrique, pour une bouchée de pain. On ne peut pas dire que ce soit un mauvais deal, de sauver Maduro.

  • M7163258 il y a 5 jours

    ".le probleme vient de l'attaque des US qui lui interdit l'acces aux marchés pour se refinancer" non le problème provient à la base de la politique et de la gestion catastrophique de Chavez et ensuite de Maduro ....

  • M7163258 il y a 5 jours

    RogueTr "m71. La dictature et l'économie sont des choses différentes." Vous ne m'apprenez rien mais vous vous immiscez dans un échange avec Zvr et ce n'était pas le propos!

  • M7163258 il y a 5 jours

    Maduro pourra toujours cultiver un potager avec Poutine!« German Gref, le patron de Sberbank, la première banque russe. Avant d’ajouter, en russe et en anglais, devant une salle lugubre : « Nous nous sommes retrouvés dans le camp des pays perdants qui n’ont pas eu le temps d’adapter leur économie (…). Le futur est arrivé avant que l’on s’y attende. Welcome to the future ! » Source le monde international.

  • M7163258 il y a 5 jours

    "Le populisme sans limite d'Hugo Chávez, puis de Nicolás Maduro, n'a pas hésité à sacrifier les infrastructures pétrolières, qui tombent en ruine et voient leur productivité chuter." Cette phrase prise dans l'article du point résume bien la situation ! Il n'y a bien que les complotistes compulsif pour voir une seule et autre raison "l'impérialisme US"

  • dupon666 il y a 5 jours

    tous les pays du monde payent leurs dettes arrivées à echeance en emettant des nouvelles dettes...la plupart en emettant un peu plus..le Venezuela n'est pas dans une situation particulierement mauvaise avec 35% d'endettement...le probleme vient de l'attaque des US qui lui interdit l'acces aux marchés pour se refinancer

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