Après SABMiller, AB InBev pourrait continuer ses achats

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    * Le français Castel, cible potentielle du nouveau géant - 
sources 
    * Coca-Cola pourrait acheter la part de SAB dans un 
embouteilleur africain 
    * Certains analystes n'excluent pas une offre d'ABI sur 
Coca-Cola 
    * La participation dans le turc Anadolu Efes, possible 
cession 
 
    par Martinne Geller 
    LONDRES, 12 septembre (Reuters) - Une fois que le brasseur 
Anheuser-Busch InBev  ABI.BR  aura bouclé le rachat de son rival 
SABMiller  SAB.L  pour 79 milliards de livres (93,2 milliards 
d'euros), il pourra se pencher sur d'autres possibilités de 
fusions-acquisitions moins ambitieuses susceptibles d'impliquer 
le français Castel, l'américain Coca-Cola  KO.N  ou le turc 
Anadolu Efes  AEFES.IS . 
    AB InBev, propriétaire entre autres de Budweiser et Corona, 
a déjà conclu la vente de certaines marques en Europe de l'Ouest 
et de participations dans des coentreprises aux Etats-Unis et en 
Chine dans le but d'obtenir le feu vert des autorités de la 
concurrence au projet, l'une des plus grosses acquisitions de 
l'histoire tous secteurs confondus.  
    Il prévoit aussi de céder des actifs en Europe de l'Est pour 
un montant susceptible d'atteindre sept milliards d'euros mais 
n'a pas encore trouvé d'acquéreur. 
    La suite de la refonte de son portefeuille pourrait 
concerner le français Castel, auquel SABMiller est lié par un 
accord de participations croisées qui, selon trois sources, 
inclut un droit de préemption dans le cas où la famille du 
fondateur, Pierre Castel, qui a près de 90 ans, chercherait à 
céder ses parts. 
    Ce droit devrait être transféré à AB InBev, ont précisé les 
sources, ce qui permettrait au nouvel ensemble d'envisager une 
prise de contrôle de Castel, dont certains analystes estiment la 
valeur à plus de 26 milliards d'euros, en partie en raison de sa 
position de numéro deux de la bière et des boissons 
non-alcoolisées en Afrique. 
    Le marché africain a été pour AB InBev l'une des principales 
motivations du rachat de SABMiller, qui devrait être bouclé le 
mois prochain, le vote des actionnaires étant prévu le 28 
septembre. 
     
    CASTEL, UN "JOYAU"  
    Castel est "un tel joyau" qu'AB InBev devrait saisir la 
première opportunité d'en prendre le contrôle, estime Alicia 
Forry, analyste de Liberum. 
    Interrogé le mois dernier sur Castel, le directeur général 
d'AB InBev, Carlos Brito, a évoqué devant des analystes "une 
relation très importante que nous avons l'intention de continuer 
à développer et à faire évoluer". Mais rien ne dit que la 
famille Castel cherche un jour à vendre ses parts. La société 
n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire. 
    Parmi les autres pistes envisageables figurent la 
participation de 57% de SABMiller dans Coca-Cola Bottling 
Africa, estimée à près de quatre milliards de dollars et que le 
géant américain des sodas sera en droit de racheter une fois la 
fusion AB InBev-SABMiller achevée. 
    Coca-Cola s'est refusé à tout commentaire sur ses intentions 
mais plusieurs analystes, dont Trevor Stirling, de Bernstein, 
lui prêtent l'intention d'acquérir cette participation, 
notamment pour se protéger d'une éventuelle convoitise d'AB 
InBev. 
    En effet, en l'absence d'opportunités supplémentaires de 
croissance dans la bière, certains banquiers évoquent la 
possibilité que le nouveau géant se tourne vers les boissons 
non-alcoolisées, ce qui placerait Coca-Cola en tête de liste des 
cibles potentielles. 
     
    SPÉCULATIONS SUR LES LIENS AVEC COCA-COLA 
    "Ils savent qu'ils sont susceptibles d'être la prochaine 
cible et je ne crois pas que Coca-Cola s'accommode d'une 
situation dans laquelle leur principal partenaire en Afrique 
serait un acquéreur potentiel", dit Trevor Stirling, qui ajoute 
qu'AB InBev est aussi un important embouteilleur de PepsiCo 
 PEP.N  en Amérique latine.  
    "Donc même s'il n'était pas un acquéreur potentiel (...), ce 
serait une situation inconfortable", note-t-il. 
    Un rachat de Coca-Cola, dont la capitalisation boursière 
atteint 188 milliards de dollars, serait sans précédent par son 
montant, et donc un défi pour AB InBev, pourtant habitué aux 
acquisitions à grande échelle.  
    Mais les liens noués entre le fonds 3G Capital, actionnaire 
du brasseur, et Warren Buffett, actionnaire de premier plan de 
Coca-Cola, ont conduit certains banquiers à imaginer que 
l'investisseur américain multimilliardaire facilite un tel 
projet, comme il l'a fait en 2013 en aidant 3G à racheter Heinz. 
    Parmi les autres actifs susceptibles de changer de mains 
figurent la participation de 24% de SABMiller dans le brasseur 
turc Anadolu Efes, valorisée autour de 930 millions de dollars 
au cours actuel. 
    L'accord entre les deux groupes fait d'Efes le seul acheteur 
possible de ces parts si AB InBev décidait de les vendre, 
expliquent plusieurs sources. Selon des analystes, la Turquie ne 
figure pas parmi les priorités d'AB InBev mais ce dernier 
pourrait s'intéresser aux 50,3% d'Efes dans Coca-Coca Icecek 
 CCOLA.IS , présent dans dix pays du Moyen-Orient et d'Asie 
centrale.  
    AB InBev s'est refusé à tout commentaire sur ses projets et 
Efes n'était pas disponible dans l'immédiat. 
     
 
 (avec Sophie Sassard; Marc Angrand pour le service français, 
édité par Véronique Tison) 
 

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