Après SABMiller, AB InBev pourrait continuer ses achats

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LE GÉANT DE LA BIÈRE AB INBEV PAS ENCORE RASSASIÉ
LE GÉANT DE LA BIÈRE AB INBEV PAS ENCORE RASSASIÉ

par Martinne Geller

LONDRES (Reuters) - Une fois que le brasseur Anheuser-Busch InBev aura bouclé le rachat de son rival SABMiller pour 79 milliards de livres (93,2 milliards d'euros), il pourra se pencher sur d'autres possibilités de fusions-acquisitions moins ambitieuses susceptibles d'impliquer le français Castel, l'américain Coca-Cola ou le turc Anadolu Efes.

AB InBev, propriétaire entre autres de Budweiser et Corona, a déjà conclu la vente de certaines marques en Europe de l'Ouest et de participations dans des coentreprises aux Etats-Unis et en Chine dans le but d'obtenir le feu vert des autorités de la concurrence au projet, l'une des plus grosses acquisitions de l'histoire tous secteurs confondus.

Il prévoit aussi de céder des actifs en Europe de l'Est pour un montant susceptible d'atteindre sept milliards d'euros mais n'a pas encore trouvé d'acquéreur.

La suite de la refonte de son portefeuille pourrait concerner le français Castel, auquel SABMiller est lié par un accord de participations croisées qui, selon trois sources, inclut un droit de préemption dans le cas où la famille du fondateur, Pierre Castel, qui a près de 90 ans, chercherait à céder ses parts.

Ce droit devrait être transféré à AB InBev, ont précisé les sources, ce qui permettrait au nouvel ensemble d'envisager une prise de contrôle de Castel, dont certains analystes estiment la valeur à plus de 26 milliards d'euros, en partie en raison de sa position de numéro deux de la bière et des boissons non-alcoolisées en Afrique.

Le marché africain a été pour AB InBev l'une des principales motivations du rachat de SABMiller, qui devrait être bouclé le mois prochain, le vote des actionnaires étant prévu le 28 septembre.

CASTEL, UN "JOYAU"

Castel est "un tel joyau" qu'AB InBev devrait saisir la première opportunité d'en prendre le contrôle, estime Alicia Forry, analyste de Liberum.

Interrogé le mois dernier sur Castel, le directeur général d'AB InBev, Carlos Brito, a évoqué devant des analystes "une relation très importante que nous avons l'intention de continuer à développer et à faire évoluer". Mais rien ne dit que la famille Castel cherche un jour à vendre ses parts. La société n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaire.

Parmi les autres pistes envisageables figurent la participation de 57% de SABMiller dans Coca-Cola Bottling Africa, estimée à près de quatre milliards de dollars et que le géant américain des sodas sera en droit de racheter une fois la fusion AB InBev-SABMiller achevée.

Coca-Cola s'est refusé à tout commentaire sur ses intentions mais plusieurs analystes, dont Trevor Stirling, de Bernstein, lui prêtent l'intention d'acquérir cette participation, notamment pour se protéger d'une éventuelle convoitise d'AB InBev.

En effet, en l'absence d'opportunités supplémentaires de croissance dans la bière, certains banquiers évoquent la possibilité que le nouveau géant se tourne vers les boissons non-alcoolisées, ce qui placerait Coca-Cola en tête de liste des cibles potentielles.

SPÉCULATIONS SUR LES LIENS AVEC COCA-COLA

"Ils savent qu'ils sont susceptibles d'être la prochaine cible et je ne crois pas que Coca-Cola s'accommode d'une situation dans laquelle leur principal partenaire en Afrique serait un acquéreur potentiel", dit Trevor Stirling, qui ajoute qu'AB InBev est aussi un important embouteilleur de PepsiCo en Amérique latine.

"Donc même s'il n'était pas un acquéreur potentiel (...), ce serait une situation inconfortable", note-t-il.

Un rachat de Coca-Cola, dont la capitalisation boursière atteint 188 milliards de dollars, serait sans précédent par son montant, et donc un défi pour AB InBev, pourtant habitué aux acquisitions à grande échelle.

Mais les liens noués entre le fonds 3G Capital, actionnaire du brasseur, et Warren Buffett, actionnaire de premier plan de Coca-Cola, ont conduit certains banquiers à imaginer que l'investisseur américain multimilliardaire facilite un tel projet, comme il l'a fait en 2013 en aidant 3G à racheter Heinz.

Parmi les autres actifs susceptibles de changer de mains figurent la participation de 24% de SABMiller dans le brasseur turc Anadolu Efes, valorisée autour de 930 millions de dollars au cours actuel.

L'accord entre les deux groupes fait d'Efes le seul acheteur possible de ces parts si AB InBev décidait de les vendre, expliquent plusieurs sources. Selon des analystes, la Turquie ne figure pas parmi les priorités d'AB InBev mais ce dernier pourrait s'intéresser aux 50,3% d'Efes dans Coca-Coca Icecek, présent dans dix pays du Moyen-Orient et d'Asie centrale.

AB InBev s'est refusé à tout commentaire sur ses projets et Efes n'était pas disponible dans l'immédiat.

(avec Sophie Sassard; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)


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