Après sa victoire électorale, Cameron entre dans le vif du sujet

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* Le Premier ministre britannique rencontre les élus conservateurs * Quel plan pour renégocier avec Bruxelles ? * Le ministre du Travail reconduit, dernières nominations attendues par Mark Trevelyan LONDRES, 11 mai (Reuters) - Quatre jours après sa large victoire aux élections législatives, David Cameron dévoile lundi la composition de son nouveau gouvernement et rencontre des élus conservateurs impatients d'entendre ses propositions sur l'Union européenne. Le Premier ministre conservateur a obtenu jeudi, à la surprise générale, une majorité absolue avec douze sièges de plus que l'ensemble des autres formations, ce qui lui permet de gouverner seul, sans faire alliance avec les Libéraux démocrates comme c'était le cas depuis 2010. David Cameron a promis de renégocier les termes de la relation entre Londres et Bruxelles puis de convoquer un référendum en 2017 sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, une décision aux implications majeures pour l'économie du pays et sa place dans le monde. Favorable au maintien de son pays dans l'UE à condition d'obtenir de Bruxelles des concessions, il sait qu'il aura fort à faire pour convaincre, au sein même de son propre parti, un gros contingent d'eurosceptiques qui ne jurent que par le "Brexit", une sortie de l'Europe. Le dernier Premier ministre conservateur à avoir gouverné avec une courte majorité était John Major, qui disposait d'ailleurs d'un nombre de sièges un peu plus élevé que le sien et dont le mandat fut torpillé par les eurosceptiques il y a une vingtaine d'années. David Cameron sait donc que s'il sera sans nul doute ovationné lundi par le "1922 Committee", le groupe des élus conservateurs, la lune de miel pourrait être de courte durée. LE LABOUR SE RÉUNIT "Le Parti conservateur, qui meurt d'envie de restreindre le pouvoir d'ingérence de l'UE, va réclamer au Premier ministre le rétablissement d'une pleine autonomie", écrit l'eurosceptique John Redwood dans les colonnes de l'Observer. "Il n'y pas de désaccord sur l'objectif, mais le Premier ministre devra éviter de décevoir sur ce qu'il accomplira pour le promouvoir." Sur l'agenda du Premier ministre figure un autre point délicat, celui de la consolidation des finances publiques. Après avoir ramené le déficit budgétaire à environ 5% du produit intérieur brut lors de son premier mandat de cinq ans, David Cameron a promis 30 milliards de livres (41,5 milliards d'euros) de baisses de dépenses au cours des deux prochaines années, dont 12 milliards prélevés sur le budget des prestations sociales, sans préciser davantage les modalités de cet effort. Selon ses services, le Premier ministre compte reconduire Iain Duncan Smith au poste de ministre du Travail et des Retraites, qui sera donc chargé de mener à bien cette réforme de l'Etat-providence. L'ancien banquier Sajid Javid, étoile montante du parti tory, passerait du poste de ministre de la Culture à celui de ministre des Entreprises, rapporte Sky News, une information que ne confirme pas le 10, Downing Street. Le Parti travailliste, qui a subi une cuisante défaite aux législatives, battu par les conservateurs en Angleterre et balayé par les nationalistes en Ecosse, se réunira également lundi pour la première fois depuis le scrutin. La porte-parole du Labour pour les questions de santé, Liz Kendall, a été la première à se déclarer candidate à la succession d'Ed Miliband, qui a démissionné au lendemain du vote. De hauts responsables travaillistes plaident pour un recentrage, jugeant que leur parti n'a pas répondu aux aspirations de millions d'électeurs pendant la campagne. (Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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