Après Paris, le G20 promet de faire plus pour la sécurité

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* Les Etats membres s'engagent à coopérer plus efficacement * Ils promettent de renforcer les contrôles et de s'attaquer aux finances de l'EI * Pas de changement stratégique en vue en Syrie * Des divergences Est-Ouest toujours profondes par Kylie MacLellan et Nick Tattersall BELEK, Turquie, 16 novembre (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement du G20 réunis dimanche et lundi en Turquie ont promis de redoubler d'efforts dans le partage de renseignement et la lutte contre le financement du terrorisme, mais n'ont pas annoncé de virage stratégique majeur dans la lutte contre l'Etat islamique. Les attentats de Paris et de Saint-Denis, qui ont fait 129 morts, ont dominé l'ordre du jour de ce sommet organisé dans la province d'Antalya, à un demi-millier de kilomètres de la Syrie, où la guerre civile qui fait rage depuis quatre ans et demi à permis au mouvement djihadiste d'accéder au rang de menace mondiale. "Les horribles attentats de Paris commis vendredi soir si peu de temps après la destruction d'un avion de ligne russe et qui ont suivi ceux d'Ankara, de Tunisie et du Liban, montrent la menace à laquelle nous sommes confrontés", a commenté le Premier ministre britannique David Cameron, lors d'une conférence de presse. "Nous nous sommes entendus pour prendre des mesures importantes afin de priver les terroristes des financements dont ils dépendent, de contrecarrer l'idéologie extrémiste et la propagande terroriste, et de nous protéger plus efficacement de la menace des combattants étrangers en partageant les renseignements et en les empêchant de voyager", a-t-il poursuivi. Evoquant les raids menés dans la nuit par l'aviation française à Rakka, capitale du "califat" proclamé par l'EI, Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, a quant à lui parlé de "légitime défense". ID:nL8N13A16J Le président François Hollande, qui a renoncé à participer au sommet après les attentats, devait s'exprimer dans l'après-midi devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles. En Turquie, Barack Obama a promis dimanche de faire plus pour éradiquer l'EI et prévenir les attentats. Lors d'un tête-à-tête informel en marge du sommet, il a par ailleurs invité son homologue russe Vladimir Poutine à s'attaquer en priorité aux djihadistes. L'entretien a été constructif mais pas décisif, a fait savoir lundi le Kremlin. Selon Washington et ses alliés, l'aviation russe qui est entrée en lice fin septembre en Syrie, bombarde surtout les positions de rebelles soutenus par les Occidentaux et les monarchies du Golfe. DILEMME AMÉRICAIN David Cameron, qui s'est également entretenu avec le président russe, a quant à lui assuré que les profondes divergences Est-Ouest liées à l'avenir de Bachar al Assad s'étaient amenuisées. "Il y a de grandes divergences et nous ne les cachons pas, nous en débattons. Mais il est important dans de telles circonstances de dialoguer avec des gens comme lui", a-t-il souligné. L'administration américaine se dit prête à ordonner une intensification de la lutte contre l'EI, y compris en multipliant les raids aériens, mais aucun virage stratégique n'est envisagé et une intervention au sol reste exclue. Pour Washington, l'objectif est d'intensifier l'action de la coalition internationale sans s'impliquer davantage dans la guerre civile. Barack Obama devait s'entretenir dans la journée avec ses alliés européens. Dans la déclaration finale du sommet, les Etats membres du G20 condamnent les "odieux" attentats de Paris et se disent donc décidés à s'attaquer au volet financier du terrorisme. Préoccupés par "l'afflux croissant de djihadistes", ils promettent en outre de renforcer les contrôles aux frontières et dans le transport aérien. "Nous sommes convenus que le défi n'est pas seulement militaire, mais qu'il faut de multiples mesures", a souligné la chancelière allemande Angela Merkel, évoquant notamment la coopération entre services de renseignement et la surveillance du web. Lors du dîner organisé dimanche soir, le président turc avait lui aussi mis l'accent sur le partage d'informations. A deux reprises, en décembre 2014 et en juin 2015, les autorités turques ont fait des signalements à la France à propos d'Ismaël Omar Mostefaï, un des auteurs des attentats de Paris. ID:nL8N13B24A Recep Tayyip Erdogan a par ailleurs invité les dignitaires musulmans à faire le nécessaire pour éviter les amalgames entre islam et terrorisme. (Avec Matt Spetalnick, Jan Strupczewski, Lidia Kelly, Gernot Heller, Humeyra Pamuk, Orhan Coskun et Asli Kandemir; Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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