Après Palmyre, le combat continue entre l'armée syrienne et l'EI

le
2
L'ARMÉE SYRIENNE TENTE DE RENFORCER SES POSITIONS À PALMYRE
L'ARMÉE SYRIENNE TENTE DE RENFORCER SES POSITIONS À PALMYRE

par Lisa Barrington et launchpad

BEYROUTH (Reuters) - Les forces gouvernementales syriennes soutenues par les frappes aériennes de l'armée russe continuaient à se battre lundi contre l'Etat islamique (EI) dans les environs de Palmyre, dans le but de renforcer leurs positions au lendemain de la prise de contrôle de cette ville emblématique.

L'armée syrienne a fait savoir que la ville, qui abrite des ruines de l'empire romain particulièrement importantes, servirait de "rampe de lancement" aux opérations contre les places fortes de l'EI à Rakka et Daïr az Zour, situées plus à l'est dans une vaste étendue désertique.

L'aéroport militaire de Palmyre est désormais rouvert au trafic aérien, a annoncé lundi la presse syrienne.

Des combats continuent cependant au nord-est de Palmyre entre l'EI et les forces alliées au gouvernement syrien, appuyées par les frappes des aviations russe et syrienne, indique l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une organisation basée à Londres qui suit le conflit au quotidien.

Des frappes aériennes, apparemment russes, ont également visé la route qui part à l'est de Palmyre en direction de Daïr az Zour, précise l'OSDH.

Les forces de l'EI ont évacué Palmyre dans leur grande majorité, mais il reste quelques combattants à l'intérieur de la ville, indique l'OSDH. Quant à la population civile, précise son directeur Rami Abdoulrahman, elle a pour l'essentiel quitté les lieux avant l'offensive menée par l'armée syrienne. Il dit ne pas avoir reçu d'informations concernant des décès de civils.

Dimanche, six explosions ont été entendues à l'intérieur et aux abords de la ville à partir d'un triple attentat à la voiture piégée de l'Etat islamique. En outre, trois islamistes ont fait exploser leur ceinture d'explosifs. Le bilan des victimes au sein des forces armées et de leurs alliés reste inconnu, précise l'OSDH.

Des images de Palmyre diffusées par la télévision publique syrienne montrent des rues vides et des bâtiments sévèrement endommagés.

SOUTIEN CRUCIAL

Selon Rami Abdoulrahman, 417 combattants de l'EI sont morts dans la bataille pour la reprise de Palmyre, et 194 dans les rangs des forces alliées au gouvernement syrien.

L'intervention russe en Syrie, à la toute fin septembre, a constitué un tournant dans la guerre au bénéfice du président syrien Bachar al Assad. Moscou a annoncé il y a deux semaines le retrait de l'essentiel de ses forces miliaires, mais les avions et les hélicoptères russes ont mené des frappes aériennes quotidiennes sur Palmyre pour appuyer l'avancée des forces syriennes.

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, Bachar al Assad a indiqué que le soutien aérien russe avait été crucial pour reprendre Palmyre et a annoncé que la ville serait reconstruite.

La Russie a fait savoir qu'elle aiderait à sécuriser Palmyre et à la neutralisation des mines.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a précisé lundi que l'armée russe avait bien effectué des frappes aériennes sur Palmyre en appui aux forces syriennes mais q'il n'y avait pas eu d'opération au sol de sa part et que, malgré le retrait partiel du contingent russe de Syrie, les unités aériennes restant sur les deux bases d'Hmeymime et Tartous, continueraient "à combattre les groupes terroristes (...) et continueront à soutenir l'offensive de l'armée syrienne".

La Russie continue à montrer des signes de retrait partiel de Syrie. Trois hélicoptères russes ont quitté la base de Hmeymime, en Syrie, pour regagner la Russie, a rapporté lundi la chaîne de télévision Rossia-24.

L'Iran, l'autre grand allié de Bachar al Assad, l'a félicité pour la reconquête de Palmyre.

L'éviction de l'EI de Palmyre intervient trois mois après sa défaite à Ramadi en Irak, qui avait été la première grande victoire de l'armée irakienne après son effondrement lors de la pris de Mossoul par l'EI en juin 2014.

Lundi, à 100 kilomètres à l'ouest de Palmyre, des combats acharnés avaient lieu autour de la ville de Qaryatain, que le gouvernement syrien essaie également de reprendre. L'EI s'en est emparée en août dernier après avoir pris Palmyre en mai.

(Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • aiki41 il y a 8 mois

    On critique Poutine et ses méthodes, pour l'instant elle nous montre leur efficacité. Qu'en est-il de celles de notre va-t'en guerre ?

  • delapor4 il y a 8 mois

    Vive Assad, vive Poutine, vive la Syrie libre et honte éternelle à Fabius et Hollande !