Après Orlando, ceux de Newtown espèrent un contrôle des armes

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    NEW YORK, 17 juin (Reuters) - Depuis que son fils de sept 
ans, Daniel, a été abattu à l'école primaire de Newtown, dans le 
Connecticut, il y a trois ans et demi, Mark Barden plaide pour 
le contrôle des armes. 
    Et jusqu'à présent, il a vu, amer, les sénateurs 
républicains bloquer, encore et toujours, les mesures proposées 
pour contrôler l'usage des armes à feu, au motif que ce serait 
contraire au droit de porter une arme garanti par la 
Constitution des Etats-Unis. Le Congrès des Etats-Unis n'a pas 
voté de loi importante sur le contrôle des armes depuis 1994. 
    Mais, après la mort dimanche de 49 personnes tuées par balle 
dans une discothèque d'Orlando, en Floride, par un Américain se 
revendiquant de l'Etat islamique, Mark Barden éprouve un 
sentiment de réconfort à voir le Sénat des Etats-Unis se diriger 
vers le vote de deux modestes lois sur le contrôle des armes. 
    "Une des dures leçons que j'ai dû apprendre est qu'on doit 
accepter la moindre avancée comme une victoire", déclare-t-il au 
téléphone. "Même si cela n'est finalement pas voté, mais si cela 
fait qu'on en parle, même si c'est atrocement lent, cela fait 
bouger les choses." 
    Plusieurs personnes qui ont perdu un des leurs dans la 
tuerie de décembre 2012, qui a vu un homme tuer 20 petits 
enfants et six adultes de l'école Sandy Hook de Newtown, se 
prennent à penser que le débat sur le contrôle des armes a 
changé après le massacre d'Orlando, la tuerie de masse la plus 
meurtrière de l'histoire moderne des Etats-Unis. 
    Depuis le drame de Newtown, beaucoup se sont attachés à 
faire pressions sur leurs élus au Congrès pour qu'ils 
restreignent l'accès aux fusils d'assaut du type de ceux 
utilisés à Newtown, à Orlando ou en décembre dernier à San 
Bernardino en Californie (14 morts). 
     
    UNE VICTOIRE EN SOI 
    Jeudi, le Sénat américain, à majorité républicaine, semblait 
se rapprocher d'un vote sur deux textes, approuvés par les 
démocrates, qui renforceraient les contrôles pour les acquéreurs 
et interdiraient l'achat d'armes à feu pour ceux qui figurent 
sur les listes de personnes mises sous surveillance. 
    Plus de 70% des Américains en général, huit démocrates sur 
dix et six républicains sur dix, se disent favorables à des 
restrictions sur les armes à feu, sous une forme ou sous une 
autre, selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé entre lundi et 
jeudi. Ce taux est en hausse par rapport à celui de 60% 
ressortant de sondages fin 2013 et fin 2014. 
    A Newtown, certains estiment que le simple fait que le Sénat 
se soit mis au travail si rapidement après la tuerie d'Orlando 
est une victoire en soi. 
    "Cela nous avait pris quatre mois pour arriver à ce stade 
après Sandy Hook", rappelle Erica Lafferty Smegielski, dont la 
mère, Dawn Lafferty Hochsprung, était la directrice de l'école 
de Sandy Hook et a été tuée par l'agresseur, Adam Lanza. 
    "Après Orlando, il a fallu quatre jours. Quoi qu'il en 
sorte, le changement est déjà là", a-t-elle ajouté. 
    Nicole Hockley, dont le fils de six ans Dylan, a été tué à 
Sandy Hook, estime qu'un contrôle des armes basique est 
"inévitable" compte tenu de la colère qui s'est emparée des 
Américains après la série de tueries qui a endeuillé les 
Etats-Unis. Mais elle estime que les mesures qui pourraient être 
votées ces prochains jours sont "les plus faciles" et qu'il 
faudra du temps pour véritablement progresser. 
    D'autres familles affectées par les tueries de masse ont 
ajouté leur voix au débat. Lors d'une conférence de presse jeudi 
en présence des chefs de file républicains au Sénat, la 
révérente Sharon Risher, dont la mère et deux cousins ont été 
tués en juin 2015 dans une église de Charleston, en Caroline du 
Sud, a souligné le rôle du contrôle des armes dans la prévention 
de futures tragédies. 
    "La haine devient mortelle quand nous rendons bien trop 
facile, pour ceux qui veulent faire du mal, la possibilité de 
mettre la main sur une arme", a-t-elle déclaré. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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