Après les récriminations, Obama et Trump entament la transition

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 (Actualisé avec "tweets" de Donald Trump) 
    par Steve Holland et Jeff Mason 
    WASHINGTON, 11 novembre (Reuters) - Donald Trump et Barack 
Obama se sont entretenus jeudi pendant une heure et demie à la 
Maison blanche pour préparer la transition, les deux hommes 
s'efforçant de mettre de côté l'acrimonie d'une longue campagne 
présidentielle, qui s'est soldée par la victoire surprise de 
l'homme d'affaires à l'élection du 8 novembre. 
    L'actuel président n'a jamais caché ses divergences avec le 
magnat de l'immobilier mais souhaite une transition en douceur, 
comme c'est généralement le cas aux Etats-Unis. 
    "Nous avons vraiment abordé beaucoup d'aspects, certains 
formidables, d'autres difficiles", a déclaré Donald Trump, 
s'adressant à la presse à l'issue de l'entretien. Son hôte lui a 
expliqué "certaines des grandes choses qui ont été accomplies", 
a-t-il poursuivi, sans plus de précisions.  
    "C'est un grand honneur d'être à vos côtés et je suis 
impatient de vous retrouver de nombreuses fois à l'avenir", a 
ajouté l'homme d'affaires.  
    Barack Obama a quant à lui promis de faire tout son possible 
pour faciliter la passation de pouvoir, le 20 janvier, et a 
lancé un nouvel appel à l'unité, après une campagne d'une 
virulence sans précédent. 
    "Nous allons maintenant faire tout notre possible pour vous 
aider à réussir parce que, si vous réussissez, c'est tout le 
pays qui réussi", a-t-il déclaré. 
    Josh Earnest, porte-parole de la Maison blanche, a par la 
suite estimé que l'entretien "avait peut-être été un peu moins 
houleux que certains le présageaient".  
    "Formidable journée à (Washington) D.C. Première rencontre 
avec le président Obama. Une très bonne réunion, incroyable 
alchimie", a par la suite dit Donald Trump dans un message posté 
sur Twitter. 
    Le futur 45e président des Etats-Unis et son prédécesseur 
démocrate n'avaient eu jusqu'à présent que très peu de contacts. 
    Pendant des années, Donald Trump a mis en doute la 
citoyenneté américaine de Barack Obama, l'accusant d'avoir menti 
sur son lieu de naissance. Au plan politique, il s'est engagé à 
abroger une partie de l'héritage de son prédécesseur, à 
commencer par l'Obamacare, la réforme de l'assurance maladie. 
    Pour sa part, Barack Obama s'est fortement engagé durant la 
campagne aux côtés d'Hillary Clinton, jugeant à plusieurs 
reprises que Donald Trump était "inapte" à assumer la fonction 
présidentielle. 
     
    NOUVELLES MANIFESTATIONS 
    La "First Lady" Michelle Obama, qui s'est elle aussi 
impliquée dans la campagne, dénonçant notamment les propos de 
"prédateur sexuel" du milliardaire, a de son côté reçu Melania 
Trump. 
    Après avoir quitté la Maison blanche, le futur président 
s'est rendu au Capitole pour y rencontrer les chefs de file de 
la majorité républicaine et a promis d'agir vite sur la santé et 
l'immigration après son investiture.  
    "Nous allons baisser les impôts, comme vous le savez (...) 
Nous allons arranger la couverture maladie et la rendre plus 
accessible", a-t-il poursuivi après un entretien avec Paul Ryan, 
président de la Chambre des représentants, qui n'a pas non plus 
caché ses divergences avec le président élu. 
    Outre l'abrogation de l'Obamacare, le candidat républicain a 
promis d'expulser les sans-papiers, de construire un mur à la 
frontière mexicaine et d'interdire provisoirement aux musulmans 
de se rendre aux Etats-Unis. Plusieurs de ces propositions, dont 
la dernière, ont toutefois disparu pendant un moment de son site 
de campagne jeudi. 
    Son équipe de campagne a par la suite mis cela sur le compte 
d'un problème technique et, plus tard dans la journée, ces 
propositions étaient revenues sur le site. 
    Après une rencontre avec Mitch McConnell, chef de file de la 
majorité républicaine au Senat, Donald Trump n'a pas voulu 
répondre à une question des journalistes lui demandant s'il 
allait demander au Congrès d'interdire aux musulmans l'accès au 
territoire américain. 
    Après les rassemblements anti-Trump de mercredi dans une 
dizaine villes, de Boston à Berkeley, où les participants ont 
scandé "Ce n'est pas mon président!" et "Non à Trump!", de 
nouvelles manifestations ont eu lieu jeudi à San Francisco mais 
aussi au Texas et à New York.  L8N1DC0FW  
    Des barrières de sécurité ont par ailleurs été mise en place 
devant le nouvel hôtel de Donald Trump à Washington et une 
rangée de plots de béton tiennent les passants à distance de la 
Trump Tower, à New York. 
    Donald Trump a fustigé les manifestants dans un autre tweet, 
se départant du ton plutôt conciliant qu'il a adopté depuis sa 
victoire : "Je viens de connaître une élection présidentielle 
très ouverte et réussie. Maintenant, des protestataires 
professionnels, incités par les médias, manifestent. Très 
injuste". 
    L'équipe du magnat immobilier a laissé entendre qu'elle 
commençait à constituer la future administration Trump, les noms 
pour les postes clés commençant à fuir dans la presse. 
    Steve Bannon, le directeur de campagne de Donald Trump, et 
le président du comité national républicain Reince Priebus sont 
ainsi pressentis pour être directeur de cabinet. 
    L'homme d'affaires a longtemps laissé entendre que son 
secrétaire d'Etat pourrait être le président du financement de 
sa campagne Steven Mnuchin, un ancien de Goldman Sachs, mais 
selon des informations de presse, l'élu républicain à la Chambre 
des représentants Jeb Hensearling et le directeur général de JP 
Morgan  JPM.N  sont également considérés pour le poste. 
    En plus des rencontres entre Barack Obama et Donald Trump et 
entre leurs épouses, la journée de jeudi a également été marquée 
par un entretien entre le vice-président Joe Biden et celui qui 
va lui succéder Mike Pence.  
         
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    PORTRAIT Trump, le milliardaire contre les élites 
  
 
 (Benoît Van Overstraeten, Henri-Pierre André et Jean-Philippe 
Lefief pour le service français) 
 

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