« Après les élections, comment relancer la gouvernance européenne ? » par Jean-Paul Betbèze du Cercle des économistes

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Au lendemain des élections européennes, la France pourrait inquiéter les marchés financiers alors qu'elle bénéficie jusqu'à présent d'un traitement très favorable.
Au lendemain des élections européennes, la France pourrait inquiéter les marchés financiers alors qu'elle bénéficie jusqu'à présent d'un traitement très favorable.

Le verdict des urnes européennes est net : la crise continue de peser à un point qui risque d'affaiblir la construction de l'édifice. L'électrochoc des élections appelle une nouvelle gouvernance économique. Selon Jean-Paul Betbeze, deux options sont sur la table : la « renationalisation » ou le fédéralisme.

En fonction de leur lecture des résultats, les marchés vont s'inquiéter de l'Europe, autrement dit de l'euro, des bourses et des taux de financement des divers Etats. L'Allemagne peut encore creuser l'écart par rapport aux autres, sauf si on la trouve très seule. La France peut inquiéter beaucoup, elle qui est en retard de réforme alors qu'elle bénéficie d'un traitement très favorable de la part des marchés financiers qui ont « acheté » la politique Valls. Comment ceci va-t-il continuer : baisse de l'euro, baisse des bourses, sauf l'Allemagne, remontée des taux d'intérêt à long terme, sauf l'Allemagne. La France va-t-elle payer plus cher sa dette ? De combien ?

Pour répondre, il va bien falloir que la gouvernance européenne choisisse entre deux options : « renationalisation » ou « fédéralisme plus régional ». La renationalisation, voulue par certains électeurs, c'est la prise en compte plus forte des souhaits de chaque pays, mais au risque d'un éclatement devant l'incapacité à choisir des politiques communes. La voie fédérale, exprimée par d'autres électeurs, c'est revoir les prises de décision au niveau de Bruxelles et accroître les souhaits régionaux au niveau de chaque pays. Le niveau national deviendrait alors relativement moins important.

La gouvernance de la « renationalisation » est celle d'une mise en commun qui ne peut que se restreindre : Bruxelles se réduit au bénéfice des Etats qui se renforcent et « discutent » entre eux, les régions ne bougent pas. La voie fédérale revue est une mise en commun de grandes décisions stratégiques (défense, frontières, recherche, formation...), moins qu'aujourd'hui en nombre pour ne pas s'éparpiller, mais essentiels pour donner un sens aux choix d'une Europe puissance. Alors Bruxelles se spécialise, les Etats perdent de leurs prérogatives face, d'un côté à cette instance fédérale plus stratégique et surtout à des régions plus puissantes (et moins nombreuses dans le cas de la France).

Re-nationalisation ou Re-régionalisation, c'est en ces termes qu'on peut interpréter le message des urnes et donner des réponses évidemment très différentes. Dans le premier cas Bruxelles voit ces prérogatives réduites fortement, avec des risques de tensions entre nations dans une « Europe à la carte ». Dans le deuxième cas, pour renforcer la voie fédérale, il faut comprendre qu'elle est méconnue, avec tout ce qu'elle apporte.

Cette dynamique fédérale, c'est d'abord la monnaie unique - tant critiquée alors qu'elle est la base du tout. C'est ensuite l'union bancaire, totalement méconnue mais qui évite désormais de grands risques bancaires au sein d'un pays de l'Union. C'est en troisième lieu le Parlement qui va agir bien plus, après cette élection. C'est en quatrième lieu le renforcement de la dynamique régionale - encore un oubli. Avoir moins de régions, comme on le veut en France, ce n'est pas économiser des deniers publics, c'est avoir des centres plus puissants et plus proches des concitoyens, avec des décideurs politiques qui auront plus de moyens pour peser dans le contexte européen. Enfin, cinquième étape, rien ne sera possible sans « fédéralisme fiscal ». Les élections ont envoyé un avertissement : il n'y en aura pas d'autre.

Jean-Paul Betbèze

Créateur de Betbeze Conseil SAS, Jean-Paul Betbèze est membre de la Commission économique de la nation, du Cercle des économistes et du Comité scientifique de la Fondation Robert Schumann. Il a été auparavant chef économiste de banque (notamment Chef économiste & Directeur des Etudes Economiques, Membre du Comité Exécutif de Crédit Agricole SA) et Professeur d'Université (Agrégé des Facultés, Professeur à Paris Panthéon).

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

 

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  • M4358281 le mercredi 28 mai 2014 à 09:20

    On est dans une seule question: " trouver des hommes" ..!

  • loco93 le mardi 27 mai 2014 à 16:26

    Il faut que la France cesse de se financer sur les marchés financiers!! celà était pourtant possible avant 1972 et à l'époque la france avait quasiment pas de dette et les marchés financiers ne tenaient pas par les c.ouilles! Mais en 1972, la loi Pompidou (ou de Rothschild) a tout changé... A qui profite donc le crime?

  • ppsoft le mardi 27 mai 2014 à 13:40

    "La France peut inquiéter beaucoup, elle qui est en retard de réforme alors qu’elle bénéficie d'un traitement très favorable de la part des marchés financiers" Rien que cette phrase est écoeurante. Je veux que mon pays retrouve le plein contrôle de sa législation et de sa monnaie, une monnaie basée sur des actifs tangibles et non sur de la dette ! Je veux que mon pays ne soit plus soumis à ces **** de marchés financiers !

  • cbocahut le mardi 27 mai 2014 à 11:16

    DECOUVREZ WWW.UPR.FR

  • M3442903 le mardi 27 mai 2014 à 09:39

    certe le fn est un parti non démocratique,,mais les francais qui votent pour lui ne si trompe pas, il y en a marre de tous ces politicarts verreux qui ne pensent qu'a leur fonction,et le fait de voté pour les extremes ,même s'il y a danger feras comprendre a tous les citoyens profiteurs du systeme qu'ils seront ciblés.

  • jyb77 le lundi 26 mai 2014 à 20:16

    Pas un instant ils parlent de l'immigration.....continuez....en 2017 on sait qui on aura.

  • nono67 le lundi 26 mai 2014 à 17:47

    Je suis anti fn bien sur mais suis ecoeuré des partis politiques dits républicains . J'envie un peu le système suisse ou les " élites " et le peuple sont à égalité avec la possibilité de referendum sur tous les sujets dont les résultats doivent etre mis en pratique par le gouvernement . Au moins , pas de promesses eternelles jamais tenues . Ca c'est de la vraie démocratie !!!

  • nono67 le lundi 26 mai 2014 à 17:43

    le cercle des economistes . encore ces fameuses " elites " qui après coup prennent fait et cause pour les desirs des peuples alors que jusqu'à hier , ils toisaient dédaigneusement les aspirations des peuples à ce même changement pour ne pas déplaire aux " élites " politiques dirigeantes . Tout ce petit monde s'auto congratule depuis 30 ans et feint aujourd'hui de découvrir le fossé qui existe entre eux et le peuple . Tant que les gens votaient pour eux , même à 70 % d'abstention , pas de soucis

  • ccoudra2 le lundi 26 mai 2014 à 16:52

    Notre PM Mr Valls qui croyez pouvoir acheter les français à coups de milliards a reçu une claque sans précédent: le PS

  • noterb1 le lundi 26 mai 2014 à 15:13

    bof ! la monnaie unique la base de tout ? la base de tous les problèmes peut être du moment qu'on a mis la charrue avant les boeufs La monnaie unique n'aurait elle pas dû être la conséquence de tout ? Quant aux réformes le mot me fait rigoler quand on ne sait plus quoi donner comme argument on dit : REFORME !