Après les boutiques, les aéroports soignent leurs bars et restaurants

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Aéroports de Paris, qui vise 50 nouveaux établissements d'ici à la fin 2013, accueille un grand chef à Roissy. D'autres aéroports veulent faire saliver les passagers pour accroître leur satisfaction et ... leurs dépenses.

Aéroports de Paris (ADP) poursuit son offensive «gastronomie». Le gestionnaire des aéroports parisiens a annoncé début juillet l'arrivée de Gilles Epié, qui fut le plus jeune chef étoilé de France à l'âge de 22 ans, au terminal 2A de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, où il vient d'ouvrir une brasserie haut de gamme, le Frenchy's Bistro. «Sa cuisine, qui allie modernité et légèreté, va ravir nos passagers. Cet événement s'intègre dans notre projet de modernisation et de rénovation de nos bars et restaurants», s'est réjoui Augustin de Romanet, PDG d'ADP, dans un communiqué.

Depuis 2011, le groupe mène ce vaste chantier pour lequel il a investi près de 18 millions d'euros. Son objectif: l'ouverture ou la rénovation totale de 50 points de vente entre fin 2010 et fin 2013. «La diversité des marques , la qualité et un emplacement au coeur du parcours des passagers sont les trois piliers de notre plan», explique Marie Haverbeke, responsable de l'offre commerciale au sein de la Direction des commerces d'ADP. De nouvelles enseignes sont apparues à Orly et Roissy, dont Caviar House & Prunier, Ladurée, Naked, Nespresso, Mariage Frères, Bert's, DailyMonop, ou encore McDonald's.

Tandis que les griffes de luxe s'arrachent les emplacements des boutiques, l'offre culinaire d'ADP ratisse très large. «Nous souhaitons répondre aux attentes de tous nos clients», affirme la responsable. «Qu'ils soient des touristes internationaux en famille ou des voyageurs d'affaires seuls, quelle que soit leur culture, l'heure à laquelle ils transitent par l'aéroport et le temps dont ils disposent.» Tables haut de gamme côtoient sandwicheries, boulangeries, brasseries traditionnelles et cuisines du monde. La recette semble porter ses fruits: le taux de satisfaction globale des clients d'ADP a progressé à 86% l'an dernier, contre 85,8% en 2011.

Levier de consommation

La restauration est surtout un levier de consommation pour les aéroports. D'autant plus que la plupart des compagnies aériennes ne proposent plus de repas à bord sauf sur le long-courrier, et que les mesures de sécurité empêchent les passagers d'amener leur propre collation. ADP, qui a accueilli près de 89 millions de passagers l'an dernier, a vu le chiffre d'affaires de ses activités commerciales (loyers perçus sur les boutiques, les bars et restaurants, la publicité, les activités de banques et de change et les loueurs de voitures) grimper de 12,6% à 355 millions d'euros en 2012, grâce à la forte progression du chiffre d'affaires par passager (+11,3% à 16,80 euros). Sur cet ensemble, les recettes générées par les quelque 130 bars et restaurants représentent 29 millions d'euros, soit 1 million de plus qu'en 2011.

Dans la bataille de réputation que se livrent les «hubs» internationaux, d'autres aéroports misent sur la gourmandise des passagers. Outre-Atlantique, par exemple, les aéroports newyorkais John F. Kennedy et LaGuardia ont fait venir des chefs et ceux d'autres grandes villes américaines, dont Tucson, Washington D.C., Minneapolis, Philadelphie, Chicago, Boston et Orlando, s'alignent. L'enjeu est énorme alors que le top cinq du palmarès 2013 des 100 meilleurs aéroports du monde établi par le cabinet Skytrax est dominé par les géants asiatiques, avec Singapore Changi Airport au premier rang. Seul Amsterdam Schiphol s'accroche à ce top 5, où il figure en troisième position. Loin derrière, Paris-Charles de Gaulle est passé de la 78e place en 2012 à la 82e cette année. Seul autre aéroport français au classement, Nice-Côte d'Azur le devance à la 76e place.

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  • sidelcr le samedi 20 juil 2013 à 21:18

    Dès que l'on nous parle de sécurité il faut chercher l'arnaque & on la trouve sans peine .

  • faites_c le vendredi 19 juil 2013 à 13:58

    C'est une technique comme une autre : Plus de repas dans les avions, obligation d'être présent au minimum 2 h si ce n'est 4 avant l'heure d'embarquement et interdiction d'apporter ses propres sandwich. Normalement, vous devriez être obligé de passer par un restaurant soit à l'embarquement soit au débarquement pour caler votre estomac si votre vol n'est pas un vol intérieur de faible durée (moins de 2 h). Cela s'appelle aussi de la vente forcée.