Après les attentats, le Père Noël remplit sa hotte sur internet

le
1
Les ventes en ligne ont en partie compensé le "coup d'arrêt" enregistré dans les magasins après le 13 novembre. (Alija/Istock.com)
Les ventes en ligne ont en partie compensé le "coup d'arrêt" enregistré dans les magasins après le 13 novembre. (Alija/Istock.com)

(AFP) - Le Père Noël a largement fait ses emplettes en ligne cette année et le très bon mois de décembre des ventes sur internet a en partie compensé le "coup d'arrêt" enregistré dans les magasins après les attentats.

Le e-commerce s'est mieux rétabli après le choc du mois de novembre, semblant avoir bénéficié d'un retour plus important des consommateurs par rapport aux magasins physiques.

La fédération du secteur (Fevad) tablait à l'automne sur une progression de 13% du chiffre d'affaires réalisé en ligne pour Noël 2015, avec 13 milliards d'euros de dépenses et 30 millions d'acheteurs attendus.

Les attentats du 13 novembre à Paris ont cependant changé la donne. "Aujourd'hui, ce qui est sûr, c'est qu'on sera en croissance, mais à quel niveau, c'est encore difficile à dire", déclare Marc Lollivier, délégué général de la Fevad.

"Depuis décembre, les ventes sont clairement reparties à la hausse, il y a eu de très belles journées pour de nombreux sites, et à date, environ la moitié de nos adhérents déclarent enregistrer des progressions", explique-t-il.

C'est le cas pour Brandalley, qui affichait mi-décembre des achats en hausse de 20%, ou de CDiscount qui revendique une progression de 15% par rapport à l'an dernier.

Amazon a lui enregistré deux nouveaux records de ventes les 7 et 14 décembre, avec respectivement 1,3 et 1,44 million d'articles expédiés.

Mais ces belles performances font suite à un "coup d'arrêt" notable, observé dans les 15 jours qui ont suivi les attentats, où "tout s'est arrêté" y compris sur internet, qui enregistrait pourtant une "bonne dynamique (+15%) juste avant les évènements", note M. Lollivier.

Cette période est habituellement l'un des temps forts d'achats sur internet en vue des fêtes, avec environ 40% des ventes qui y sont réalisées. Contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, "il n'y a pas eu à ce moment-là de transfert des achats non réalisés en magasin sur internet", note M. Lollivier.

"La question est de savoir si décembre permettra ou pas de rattraper la totalité du retard pris à cette période", s'interroge-t-il.

- 800000 clients de plus

Pour Frédéric Duval, le patron d'Amazon France, les attentats ont entrainé "un décalage dans le temps du moment des achats", les clients achetant en décembre ce qu'ils avaient prévu d'acheter en novembre. "Mais on ne peut pas pour autant dire qu'il y a eu un afflux massif" sur internet, ajoute-t-il.

Un avis que ne partage pas tout à fait Emmanuel Grenier, le patron de CDiscount. "Il y a un phénomène de transfert inéluctable des magasins vers internet, et cette année, c'est encore plus marqué" du fait du contexte, explique-t-il.

Plusieurs sondages réalisés par Toluna pour LSA montrent que les clients sont plus vite revenus faire leurs achats de Noël sur internet qu'ils ne l'ont fait dans les boutiques. Ainsi, sur la dernière semaine de novembre, 58,4% des Français déclaraient privilégier les achats de Noël sur internet, contre 35,3% dans les centres commerciaux, et 28% dans les boutiques de centre-ville. Ce phénomène s'est poursuivi jusqu'à la mi-décembre (52,2% sur internet, 39% en centres commerciaux et 29,2% en centre-ville).

Malgré l'impact des attentats, "internet reste le grand gagnant cette année", estime Philippe Guilbert, directeur général de Toluna. "Au global, ces cinq semaines ont fait gagner plus 800.000 clients aux sites marchands, alors que les magasins physiques en ont perdu 2,5 millions", ajoute-t-il. 

Des propos corroborés en partie par l'étude de référence conduite par Deloitte. Si dans la première mouture, réalisée avant les attentats, le cabinet escomptait une légère baisse de la part des cadeaux réalisée sur internet (32% contre 33% en 2014), la seconde mouture réalisée après le 13 novembre prévoit elle un "regain d'attractivité d'internet", à 37,7%.

Les ventes devraient s'accentuer dans les magasins dans la dernière ligne droite avant Noël, mais les achats en ligne devraient également se poursuivre, "les modes de livraison express soutenant ce canal dans les ultimes jours", remarquent MM. Guilbert et Grenier.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ramseslj le jeudi 24 déc 2015 à 17:41

    800.000 clients gagnés sur le Net, 2,5 lillions perdus pour les magasins physiques, où sont passés les 1,7 millions?