Après les attentats de Paris, les services psy saturés de victimes qui « pensaient aller bien »

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Un homme venu rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre près du Bataclan, le 22 novembre 2015.
Un homme venu rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre près du Bataclan, le 22 novembre 2015.

Les services psychiatriques spécialisés dans la prise en charge des troubles post-traumatiques sont « saturés » face à l’arrivée de nouveaux patients.

Jusqu’à présent, Fabrice (le prénom a été changé) n’avait pas eu envie de revenir à Paris. Reprendre le TGV en gare de Marseille-Saint-Charles, comme ce vendredi– novembre au soir où il avait rendez-vous au Bataclan. Monter dans le métro. Affronter ces lieux où il a vécu l’indicible. Les tirs, l’angoisse, le sang et la mort. Presque un mois après les attentats de Paris, il l’a finalement fait : il est venu porter plainte au 36, quai des orfèvres. Puis il s’est rendu à la cellule d’urgence médico-psychologique de l’Hôtel-Dieu pour obtenir une évaluation du préjudice moral subi, lui qui a évité de peu la blessure : la balle n’a fait qu’effleurer son bras.

Depuis, comme un certain nombre de victimes, il pensait que ça allait. Et puis finalement non, ça n’allait pas. Un contrecoup « classique après un tel traumatisme », observe Nicolas Dantchev, responsable du service de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu, qui accueille un centre de consultation médico-psychologique d’urgence pour les victimes des attentats de Paris.

Troubles différés « Certains reprennent leur vie comme avant, retournent au travail, et puis les symptômes de traumatisme – flash-back, troubles du sommeil, scènes choquantes qui tournent en boucle – apparaissent plus tard. On parle alors de “troubles différés” ». Ces signaux peuvent apparaître jusqu’à trois mois après le choc. Pour Fabrice, cela se soldera par trente jours d’arrêt de travail.

C’est ainsi que les consultations n’ont pas cessé à l’Hôtel-Dieu, depuis...

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