Après le vote pour le Brexit, passeport pour l'inconnu à la City

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    * L'industrie financière emploie 2,2 millions de personnes 
    * Les banques craignent de perdre l'accès au marché unique 
 
    par Sinead Cruise, Andrew MacAskill et Lawrence White 
    LONDRES, 24 juin (Reuters) - Pour les 2,2 millions de 
salariés du secteur bancaire et financier britannique, le vote 
en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) 
ouvre une longue période d'incertitudes lourde de menaces sur 
l'emploi et sur la capacité de la City à rester la principale 
place financière européenne. 
    Les valeurs bancaires et financières britanniques ont plongé 
dès les résultats du référendum connu, les cinq premiers 
établissements du pays chutant en moyenne de 13,4% et de grands 
gestionnaires d'actifs comme Schroders  SDR.L , Aberdeen Asset 
Management  ADN.L  ou St. James's Place  SJP.L  abandonnant de 
12% à 14%. 
    Elles ont entraîné dans leur sillage, l'ensemble des valeurs 
bancaires européennes dont l'indice de référence  .SX7P  perdait 
près de 14% en fin de séance, une chute deux fois plus forte que 
celle de l'ensemble des valeurs européennes. 
    Le sort de l'industrie financière britannique dépendra des 
modalités de divorce négociées entre Londres et les 27 pays 
restants de l'Union en particulier sur le "passeport européen", 
qui permet aux établissements implantés dans l'un des 
pays-membres de proposer ses services financiers dans tous les 
autres.  
    Londres a bataillé ferme depuis des années, y compris à 
l'intérieur des institutions européennes, pour tenter de 
protéger son système financier de régulations jugées comme 
potentiellement dangereuses pour la compétitivité internationale 
de la City. 
     
    RESPECT DES RÈGLES DE L'UE ET PASSEPORT EUROPÉEN 
    La préservation des avantages liés au "passeport européen" 
pourrait désormais passer plus que jamais par le respect des 
règles définies par l'UE.  
    La Financial Conduct Authority, l'autorité de supervision 
bancaire et financière britannique, a d'ailleurs dit vendredi 
aux établissements dont elle a la charge de continuer à se 
préparer aux réglementations européennes qui doivent entrer en 
vigueur.  
    Le directeur des affaires institutionnelles de la City of 
London Corporation, qui défend notamment les intérêts de la 
communauté financière, a exclu que le vote en faveur du Brexit 
conduise à jeter la réglementation financière européenne aux 
orties.  
    "La City n'est pas très enthousiaste à l'idée de jeter aux 
orties la réglementation. La réglementation financière ne va pas 
changer", a déclaré Mark Boleat à Reuters.   
    Alors que les partisans du Brexit ont fait du contrôle de 
l'immigration l'un de leurs chevaux de bataille, la liberté de 
circulation pour les ressortissants de l'UE en Grande-Bretagne 
pourrait aussi figurer parmi les contreparties à la préservation 
du passeport européen.  
    "Il n'y aura pas de liberté des mouvements de capitaux pour 
la City sans liberté de mouvement pour les gens à l'intérieur du 
marché commun. Peut-être faudra-t-il un peu de temps pour que 
tout le monde comprenne cela en Grande-Bretagne", a prévenu Sven 
Giegold, un eurodéputé écologiste allemand.  
    Pour l'heure, l'atmosphère dans les restaurants et les cafés 
du quartier de la finance à Canary Wharf, où se trouvent les 
tours des JPMorgan, Citi, HSBC et autres Barclays, est à la fois 
grave et inquiète, avec la sécurité de l'emploi en tête des 
préoccupations.  
    Les grandes banques d'investissement avaient dit avant le 
référendum qu'elles pourraient déplacer des milliers d'emplois 
en cas de Brexit tandis que la Banque centrale européenne a 
prévenu que la question de la localisation du marché de l'euro à 
Londres, la première place mondiale pour les transactions sur 
les changes, se poserait.  
     
    L'ACCÈS AU MARCHÉ UNIQUE CRITIQUE POUR L'EMPLOI 
    Plusieurs dirigeants de banques ont cherché à dissiper les 
craintes en mettant en avant les plans de secours qui ont été 
élaborés depuis des mois et l'expérience accumulée au fil des 
années en matière de gestion des crises.  
    Lloyd Blankfein, le président de Goldman Sachs  GS.N  et Jes 
Staley, le directeur général de Barclays, ont souligné la 
capacité d'adaptation de leurs établissements et Douglas Flint, 
le président de HSBC, a estimé que les négociations pour définir 
les nouveaux termes des accords commerciaux avec les partenaires 
européens et internationaux seraient complexes et prendraient du 
temps.  
    Morgan Stanley a dit que la portée du vote ne pourrait pas 
être appréciée avant un certain temps. La banque américaine 
pourrait déplacer un millier de ses 6.000 salariés en 
Grande-Bretagne ailleurs en Europe, avait toutefois dit une 
source au fait du dossier à Reuters avant le référendum. 
    A Edimbourg, deuxième centre financier britannique, certains 
voient dans les résultats du référendum l'occasion d'un nouveau 
départ, avec de possibles transferts de banques étrangères qui 
utilisaient Londres comme leur tête de pont en Europe. 
    "J'ai déjà des contacts à Londres qui me disent que 
certaines grandes firmes financières ont demandé à leurs avocats 
de s'intéresser à Edimbourg comme plaque tournante", a dit 
Gordon MacIntyre-Kemp, directeur général de Business for 
Scotland, ajoutant qu'il s'attendait à un nouveau référendum sur 
l'indépendance de l'Ecosse d'ici 2020. 
    Près de deux tiers des Ecossais se sont prononcés en faveur 
du maintien dans l'UE et Nicola Sturgeon, la Première ministre 
écossaise et chef du parti nationaliste a déclaré vendredi qu'un 
nouveau référendum sur l'indépendance était très vraisemblable.  
    La City of London Corporation a dit que la sortie de l'UE ne 
devrait pas entraîner un exode massif des banques. 
    "Il n'y aura pas d'exode massif des banques et des 
institutions financières de la City", a dit Mark Boleat. 
    Il a toutefois souligné que l'accès au marché unique 
européen serait crucial pour l'emploi dans le secteur bancaire 
britannique.  
    "En termes de pertes d'emplois, c'est l'accès au marché 
unique qui est vital. Si l'accès n'est pas sécurisé, il y aura 
des pertes d'emplois", a-t-il prévenu.  
     
 
 (avec Huw Jones, Marc Joanny pour le service français, édité 
par Marc Angrand) 
 

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