Après le score du FPÖ, le gouvernement autrichien promet d'agir

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    par Shadia Nasralla et François Murphy 
    VIENNE, 24 mai (Reuters) - Au lendemain de la défaite in 
extremis du candidat de l'extrême droite à la présidence 
autrichienne, le gouvernement de coalition au pouvoir à Vienne 
s'est engagé mardi à prendre au sérieux le message adressé par 
les électeurs. 
    Alexander van der Bellen, soutenu par les écologistes, n'a 
remporté le second tour qu'avec 31.000 voix d'avance sur Norbert 
Hofer, le candidat du Parti de la liberté (FPÖ) islamophobe et 
eurosceptique. 
    L'annonce de sa victoire sur le fil, qu'il a fallu attendre 
près de 24 heures après la fermeture des bureaux de vote, a été 
accueillie avec un soupir de soulagement par les partis 
politiques traditionnels d'Europe, tous ou presque confrontés à 
la montée de l'extrême droite. 
    Mais le FPÖ n'avait jamais atteint un tel score et les 
sondages le placent pour l'heure en tête des intentions de vote 
en vue des élections législatives prévues dans deux ans. "Ce 
n'est que le début", a commenté Heinz-Christian Strache, le 
président du parti d'extrême droite.   
    "Une chose est absolument claire : la protestation qui vient 
d'être exprimée doit être prise au sérieux", a souligné mardi    
 le chancelier autrichien Christian Kern, tirant les premiers 
enseignements de ce suspense électoral. 
    Christian Kern, issu du Parti social-démocrate (SPÖ), a 
accédé à la tête du gouvernement de coalition avec les chrétiens 
conservateurs de l'ÖVP après le premier tour, le 24 avril, qui a 
tourné au cauchemar pour les deux partis qui dominaient la vie 
politique autrichienne depuis la fin de la Deuxième Guerre 
mondiale. Leur élimination prématurée a conduit le chancelier 
social-démocrate Werner Faymann à s'effacer au profit de 
l'ancien directeur de la compagnie des chemins de fer. 
    S'exprimant à l'issue d'un conseil des ministres, Christian 
Kern a déclaré mardi matin que l'isolationnisme et 
l'euroscepticisme ne pouvaient être une solution pour 
l'Autriche, dont l'économie dépend largement de ses 
exportations.  
    "La croyance selon laquelle on pourrait faire disparaître 
comme par magie la question migratoire est une illusion", a-t-il 
dit. 
    Mais il a promis de présenter rapidement un plan d'action 
portant notamment sur la crise migratoire et la sécurité, deux 
thèmes qui ont favorisé la campagne du FPÖ. Il s'est engagé à 
agir également sur la relance de l'économie, sur l'emploi et sur 
une simplification de l'administration. 
    "Vous nous entendrez dans les prochaines semaines", a-t-il 
dit. 
    De son côté, Van der Bellen a demandé aux médias de "ne pas 
dramatiser la polarisation de l'Autriche". "C'est tous ensemble 
que nous formons notre belle Autriche", a-t-il dit. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français) 
 
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