Après le rosé à la fraise, le vin rouge au? Coca

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Le marché des vins aromatisés, en pleine expansion, donne des idées à certains producteurs.

Après le surprenant rosé au pamplemousse, un nouveau mélange pour le moins iconoclaste vient de débarquer dans les rayons des grandes surfaces: le vin rouge au... Coca-Cola! Un concept novateur, aux allures d'été, qui laisse sceptiques plus d'un professionnel et plus d'un consommateur... C'est pourtant le pari fou que s'est lancé la société Haussmann Famille, une filiale de la société Châteaux en Bordeaux.

Après avoir associé l'arôme fruit de la passion à du vin rosé puis du vin blanc, c'est maintenant le goût du célèbre breuvage américain qui se retrouve mélangé à du vin rouge, selon une recette bien part­culière: «75% de vin, 25% d'eau et d'arômes, peu de sucres». Le­ ­résultat serait même très qualitatif, recherché par des professionnels et n'aurait rien à voir avec un goût de bonbons! Les puristes ­jugeront...

Selon Pauline Lacombe, la directrice marketing de Haussmann Famille, le marché du vin aro­matisé est en pleine expansion. Il ­devrait même doubler en un an. De 15 millions de bouteilles en 2012, les ventes toutes enseignes confondues devraient atteindre 30 millions cette année. Vendu à un prix faible - aux alentours de 3 euros la bouteille -, ce type de vin connaît en effet un vif succès auprès des jeunes et d'une cible féminine. Il permettrait une autre approche du vin en sensibilisant le palais avec un arôme sucré, un mélange qui se prête bien à l'apéritif.

Le lancement du «vin arôme cola» ne viserait donc pas à enrayer la baisse de consommation de vin en France mais bien à «répondre à une demande accrue», selon Pauline Lacombe. «Près de 200.000 de nos bouteilles de vin aromatisé ont été écoulées auprès des grandes surfaces depuis avril 2013», assure-t-elle, pas surprise que la grande distribution «joue le jeu».

Un effet de mode?

Le succès est tel que la société envisage maintenant de se développer à l'international. «On a beaucoup de demandes étrangères», assure Pauline Lacombe. Et le déploiement de la gamme «Vin rouge sucette cola» - c'est son nom - est censé y répondre. Notamment aux États-Unis. Pour l'Asie en revanche, et particulièrement la Chine, ce sera plus compliqué...

Si la grande distribution a bien accueilli ces nouveaux produits, les cavistes, eux, sont plus sceptiques. L'enseigne Nicolas se limite pour l'instant à la vente du rosé pamplemousse qu'il produit lui-même sous l'appellation Châteaux Castel. «Le succès des vins aromatisés n'est qu'un effet de mode», explique Delphine, caviste chez Nicolas dans le IXe arrondissement de Paris. Il serait même, ­selon elle, déjà en train de s'atténuer.

Le rosé aromatisé, vendu entre 5 et 10 euros la bouteille et bénéficiant d'un vrai côté «populaire», est le vin de la gamme qui s'écoule le mieux. Les blancs et rouges, plus «nobles» dans l'esprit des gens, auraient moins de chances de durer. Preuve, s'il en fallait, que la réussite de ces nouveaux produits se base plus sur un «effet d'image» marketing et tendance, pour reprendre l'expression de Delphine, que sur un «effet de goût».

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  • nlaroche le dimanche 21 juil 2013 à 15:24

    novateur = calimucho. Journaleux à peine du niveau d'un moteur de recherche