Après le renoncement de Hollande, Valls se positionne

le , mis à jour à 16:51
43
Manuel Valls lors d'un comité interministériel au handicap, le 2 décembre 2016 à Nancy ( AFP / Jean Christophe VERHAEGEN )
Manuel Valls lors d'un comité interministériel au handicap, le 2 décembre 2016 à Nancy ( AFP / Jean Christophe VERHAEGEN )

Après le coup de tonnerre du renoncement de François Hollande à briguer un second mandat, Manuel Valls n'a pas tardé vendredi à faire comprendre qu'il allait rapidement officialiser sa candidature à la primaire d'une gauche en miettes.

"Nous devons défendre le bilan, nous devons défendre cette action, et je le ferai, comme je le fais inlassablement dans les fonctions qui ont été les miennes depuis 2012", a déclaré le Premier ministre à l'occasion d'un déplacement à Nancy.

Accusé par des proches du président d'avoir précipité l'abandon de François Hollande en menaçant le week-end dernier de se présenter contre lui, Manuel Valls a de nouveau rendu hommage au choix "mûrement, longuement réfléchi" du président, un choix "qui force le respect par sa dignité".

François Hollande quitte le palais de l'Elysée pour les Emirats arabes unis, le 2 décembre 2016
François Hollande quitte le palais de l'Elysée pour les Emirats arabes unis, le 2 décembre 2016 ( AFP / ERIC FEFERBERG )

Deux questions se posent désormais pour le Premier ministre: quand se déclarer avant la date-butoir pour les inscriptions à la primaire de la gauche, le 15 décembre? Et doit-il aussitôt quitter Matignon? Les noms de Bernard Cazeneuve (Intérieur), qui a fait par de son "immense émotion" à l'annonce du président ou Jean-Yves Le Drian (Défense) circulent déjà pour succéder à Valls.

Arnaud Montebourg, premier candidat à avoir déposé ses parrainages jeudi, a estimé qu'il serait "difficile" au Premier ministre d'être candidat en restant à Matignon. Point de vue partagé par le député Christophe Borgel, président du Comité national d'organisation de la primaire qui se tiendra les 22 et 29 janvier.

Manuel Valls, qui devait participer et tenir un discours, samedi, au meeting de la "Belle alliance populaire" à Paris à l'appel du PS, ne s'y rendra finalement pas, a affirmé son entourage.

Manuel Valls  le 2 décembre 2016 à Nancy
Manuel Valls (D) le 2 décembre 2016 à Nancy ( POOL/AFP / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

"On a maintenant probablement Manuel Valls qui sera candidat, il a lui théorisé les gauches +irréconciliables+. Il me semble qu'aujourd'hui il ne peut pas incarner l'avenir de la gauche", a déclaré Benoit Hamon, candidat à la primaire.

"Face au candidat ultralibéral (François Fillon), il n'est pas possible d'avoir un candidat social-libéral", lui a fait écho Arnaud Montebourg.

- Un choix approuvé par les Français -

Certains à gauche poussent l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira, dont la ligne diffère nettement de celle de M. Valls, à se lancer dans la course.

Principaux candidats déclarés et possibles à la présidentielle
Principaux candidats déclarés et possibles à la présidentielle ( AFP / Paul DEFOSSEUX, Kun TIAN, Paz PIZARRO, Vincent LEFAI )

Une fois passée la primaire, le chemin restera semé d'embuches pour le candidat PS, coincé entre le chef de "la France insoumise" Jean-Luc Mélenchon et l'ancien ministre de l'Economie "En marche" Emmanuel Macron, tous deux crédités de plus de 10% des intentions de vote.

La perspective d'une élimination de la gauche au premier tour de la présidentielle au profit d'un duel François Fillon-Marine Le Pen a relancé les appels au sein du PS pour une primaire de toute la gauche.

"Tous ceux qui n'iront pas à la primaire de la gauche ne seront pas à la hauteur du sacrifice du président et donneront un tapis rouge à Marine Le Pen et François Fillon", a ainsi jugé la députée des Hautes-Alpes Karine Berger alors que le député de l'Essonne Romain Colas juge que "la décision de François Hollande permet de placer chacun à gauche devant ses responsabilités".

Manuel Valls dans son bureau de Matignon le 24 novembre 2016 à Paris
Manuel Valls dans son bureau de Matignon le 24 novembre 2016 à Paris ( AFP/Archives / JOEL SAGET )

Pendant ce temps, le président de la République s'est envolé pour les Emirats arabes unis pour une conférence internationale sur la préservation du patrimoine de l'humanité en péril.

Au lendemain de ce scénario inédit sous la Ve République, son choix continuait d'être qualifié de "digne" ou "courageux" par la majorité de la classe politique et de la presse. Il était approuvé par huit Français sur dix, selon un sondage Harris Interactive.

Le président du Modem François Bayrou a salué une "décision honorable, même si elle a été contrainte et forcée".

Pour Marine Le Pen, ce renoncement marque cependant "l'échec très lourd du quinquennat".

Anticipant une qualification à gauche de Manuel Valls après celle de François Fillon à droite, la présidente du Front national a déjà affuté son contre les "doublures" de Nicolas Sarkozy et François Hollande et entend rappeler "que les Premiers ministres ont une responsabilité intégrale dans les politiques menées" pendant les deux derniers quinquennats.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4098497 il y a 5 jours

    Il a cinq mois pour régler le problème de Notre Dame des landes S 'il n'y réussit pas comment croire qu'il réglera des problèmes autrement plus complexes en tant que président

  • j.ghest il y a 5 jours

    Le grand théâtre de(s) gui-gnol(s) se réveille soudain !

  • indyta il y a 5 jours

    excedent commercial de 170 milliards de fr en 1997- 54 milliards d euros today..vive l elite qui sait tout!

  • indyta il y a 5 jours

    et ils sont contents!

  • berco51 il y a 5 jours

    Il ne semble pas qu'il se croit coresponsable de la gestion de la France en tant que chef du gouvernement .Nous allons le lui rappeler aux primaires de la gauche .

  • phili646 il y a 5 jours

    S'il se présente à la primaire, MOI électeur de droite j'irai lui botter l'arrière train !!!!

  • mlaure13 il y a 5 jours

    Valls Président de la France...on croit rêver...et pourtant, on nous a bien fait le coup avec Hollande ...;-(((

  • MAXDEG il y a 5 jours

    Oui, il se positionne : " Manuel Valls a annoncé mardi dernier à l’agence de presse de développement (AFD), que la France allait investir au minimum, 250 millions d’euros, chaque année, en Tunisie, en plus de ses précédents engagements, afin de soutenir la jeune démocratie Tunisienne.L’an dernier, notre pays avait annoncé le plan d’assistance d’un milliard d’euros,....", nous aussi, la main au portefeuille !!!

  • M940878 il y a 5 jours

    aucune chance le petit roquet du clown casqué

  • ANOSRA il y a 5 jours

    FH, très courageusement envoie Valls à l'abatoir des primaires, s'il en réchappe, le second couperet sera aux présidentielles où il finirait 4 ou 5è !!!