Après la tempête, le bâtiment entrevoit l'éclaircie

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Depuis 2008, l’activité s’est contractée de 20 %. Avec le redémarrage de ventes de logements, la reprise devrait intervenir dans quelques mois.

Cette glissade ininterrompue depuis 2008 ne se traduit pas par des plans sociaux spectaculaires ou des «charrettes» qui font la une des médias. Pourtant, inexorablement, le bâtiment perd des emplois. Depuis un an, 44.000 postes ont été détruits dans ce secteur qui compte à peu près 1,1 million d’emplois. «Le plus mauvais score enregistré depuis l’entrée dans la grande récession de 2008», affirme Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB). «Trente emplois par jour ont été perdus entre fin 2013 et fin 2014», répète souvent Patrick Liébus, président de la Capeb (artisans du bâtiment).

Le phénomène est préoccupant car il s’agit d’emplois non délocalisables. «Le bâtiment connaît une crise plus profonde et plus durable que les précédentes. Et elle n’a pas encore atteint son terme», prévient Jacques Chanut. De fait, au cours des sept dernières années, l’activité s’est contractée de 20 %. Au premier semestre, les faillites d’entreprises de construction ont continué à augmenter (+ 2,4 %). Les mastodontes comme Vinci, Bouygues ou Eiffage ont trouvé une parade pour amoindrir les effets de la crise: ils vont chercher la croissance à l’étranger où l’économie se porte mieux. Ainsi, Bouygues s’est beaucoup développé au Royaume-Uni. Et il commence à construire des tours à Londres. Mais les PME qui n’ont pas les moyens de se tourner vers l’international sont touchées de plein fouet par ce ralentissement.

Le bout du tunnel

C’est qu’on ne construit pas beaucoup de logements neufs dans l’Hexagone. En 2015, 334 00 unités sortiront de terre contre 355.000 l’année dernière. On est loin de l’engagement de François Hollande qui voulait bâtir 500.000 logements par an. Permis de construire, mises en chantier, tous ces indicateurs sont restés mal orientés depuis début 2015.

Et les autres segments de marché ne viennent pas rattraper cette situation préoccupante. «Du côté du non-résidentiel neuf, l’évolution ressort moins bonne encore avec - 11,8 % et - 11,7 % pour les surfaces de plancher autorisées et commencées», poursuit Jacques Chanut. Quant aux travaux d’amélioration-entretien chez les particuliers, ils ne décollent pas.

Et s’il n’y avait que cela… Mais les entrepreneurs doivent aussi affronter le phénomène des travailleurs détachés. Certaines entreprises font appel à des salariés des pays de l’Est pour des chantiers en France. L’avantage? Les cotisations sociales de ces travailleurs sont payées dans le pays d’origine, ce qui permet de baisser son coût de 30 %. Une concurrence déloyale pour ceux qui emploient des salariés sous droit français.

Dans ce tableau très sombre, un élément laisse penser que l’activité va reprendre. Après avoir touché un point bas en 2014, les ventes de maisons individuelles et d’appartements sont reparties à la hausse (à peu près + 20 % au premier semestre). Le plan de relance de l’immobilier annoncé à la fin de l’été 2014 porte ses fruits. Ce réamorçage est symbolisé par le succès du dispositif d’investissement locatif Pinel. Reste que ces réservations ne se traduiront pas par des ouvertures massives de chantier avant 2016. Le temps d’obtenir les permis de construire. En attendant, les entreprises devront continuer à faire le gros dos.

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  • mcarre1 le mardi 22 sept 2015 à 22:34

    Eh oui, comme c'est du travail qu'ils ne peuvent pas envoyer à l'étranger, ils font venir le dumping social ici. Merci aux ripoux de technocrates.