Après la pénurie de noisettes, Nutella pénalisé par les inondations en Malaisie

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Le pays, deuxième producteur mondial d'huile de palme, est frappé par une très forte mousson qui touche quatre des plus importantes régions productrices. Les prix grimpent sur les marchés.

Après la pénurie de noisette en 2014, le Nutella pourrait être impacté par le manque d'huile de palme en 2015. Comme de nombreux produits agroalimentaires ou cosmétiques, la célèbre pâte à tartiner de Ferrero devrait subir la baisse de la production en Malaisie, deuxième fournisseur mondial d'huile de palme.

Le pays est confronté à ses pires inondations depuis trente ans en cette période de mousson. Les intempéries ont notamment frappé l'est et le sud de la péninsule. Les États de Kelantan, Terranganu, Pahang et Perak, qui fournissent à eux-seuls le tiers de l'huile de palme produite en Malaisie, ont été durement touchés. Plus de 219.000 personnes ont dû être déplacées, entraînant un arrêt des usines. Dans les plantations qui ne sont pas sous les eaux, les fruits menacent de pourrir sur les arbres ou de se gorger d'eau, rendant la commercialisation de l'huile impossible.

Selon les premières analyses du ministre des Matières premières et des Plantations malaisien, la production pourrait avoir chuté de 15 à 20% sur le seul mois de décembre, soit une perte potentielle de 1,4 million de tonnes sur les 20 millions que le pays est censé produire chaque année. Et la suite ne s'annonce pas bonne: «le département météorologique local prévoit davantage de pluies dans les prochains jours et notamment dans les états de Sabah, Sarawak, Pahang et Johor, qui représentent ensemble environ 78% de la production totale de palme de la Malaisie», prévient Agritel.

La tonne bondit à la Bourse de Kuala Lumpur

La pression s'accroit sur les industries agroalimentaires et cosmétiques car la Malaisie et l'Indonésie, qui produit 33 millions de tonnes, contrôlent à eux-seuls 87% de l'offre mondiale, loin devant le Nigéria (1 million) et la Côte d'Ivoire (500.000). Les stocks, qui permettent de satisfaire une demande mondiale toujours croissante qui dépasse les 50 millions de tonnes, pourraient fondre si les intempéries perdurent en Malaisie. L'inquiétude des investisseurs est palpable. A la Bourse de Kuala Lumpur, place de référence pour la cotation de l'huile de palme, la tonne atteint 2300 ringgits (environ 540 euros), un plus haut en deux mois. Les cours affichent une hausse de près de 10% en un mois. Le géant du secteur est sanctionné, comme le planteur Felda qui a vu son action dévisser de 30% sur cette période.

L'industrie malaisienne de l'huile de palme, qui fait vivre 570.000 habitants, accuse le coup. Cette dernière lutte déjà contre la mauvaise réputation de son huile, accusée de provoquer des dégâts sanitaires et environnementaux. En octobre dernier, la Malaisie a appelé les autorités françaises à agir contre la mention «Sans huile de palme» apposée sur certains produits agroalimentaires. Une pratique qu'elle juge «discriminatoire et injuste».

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