Après l'Espagne, l'Italie inquiète dans la zone euro

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Après l'Espagne, l'Italie inquiète dans la zone euro
Après l'Espagne, l'Italie inquiète dans la zone euro

par Michael Shields

VIENNE (Reuters) - Les déclarations de la ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, sur la situation de l'Italie ont exacerbé les craintes des investisseurs de voir se poursuivre l'escalade de la crise dans la zone euro, moins de trois jours après l'accord sur le renflouement des banques espagnoles.

S'exprimant lundi soir à la télévision autrichienne, Maria Fekter, a dit ne pas exclure que Rome doive à son tour se résoudre à demander une aide financière de ses partenaires européens dans les prochains mois.

Ces propos, qu'elle a atténués mardi matin en disant ne "disposer d'aucune indication suggérant que l'Italie va faire une demande d'aide", ont provoqué l'ire de Mario Monti, président du Conseil italien, qui les a jugés "totalement inappropriés".

Signe de la défiance des intervenants sur le marché, les coûts d'emprunts de l'Italie, tout comme ceux de l'Espagne, ont nettement monté sur le marché obligataire, un mauvais signe avant l'adjudication de dette programmée jeudi par le Trésor italien.

Standard & Poor's a indiqué, mardi également, qu'à son avis la situation des banques italiennes n'était pas comparable à celles de leurs homologues espagnoles en raison de leur exposition moindre au secteur immobilier.

Le rendement du 10 ans a atteint 6,85%, dépassant le pic de novembre 2011 qui était de 6,8%, avant de se détendre à 6,74%, soit un gain de 21 points de base sur la séance.

Le rendement du 10 ans italien a pris 13 points de base à 6,17%, après une hausse de 29 pdb la séance précédente. A ce niveau, il se rapproche de la barre de 7% qui avait contraint l'Irlande et le Portugal à se tourner vers l'aide internationale.

Un sondage publié mardi par le quotidien Corriere della Sera montre que désormais 71% des Italiens ont peu ou très peu confiance en l'euro, une proportion qui n'était que de 55% fin mai.

Trente-cinq pour cent des personnes interrogées estiment qu'une sortie de l'Italie - membre fondateur de l'Union européenne (UE) - de l'UE serait positive, et 70% pensent que l'introduction de l'euro a apporté plus d'inconvénients que d'avantages.

Au-delà de l'Italie - présenté depuis longtemps par certains comme un candidat potentiel à une aide européenne en raison de la faiblesse de sa croissance depuis des années et de son endettement élevé - les inquiétudes sont attisées par le sentiment que l'aide aux banques espagnoles n'est qu'une rustine de plus et par l'imminence des élections législatives grecques.

IL FAUT ALLER "PLUS LOIN" POUR L'ESPAGNE SELON PIERRE MOSCOVICI

Le résultat du scrutin grec du 17 juin peut s'avérer déterminant pour le maintien de la présence d'Athènes dans la zone euro et donc pour la crédibilité même de la monnaie unique.

Si les Bourses européennes et l'euro se sont maintenus mardi proches de l'équilibre, l'impression que le plan européen de 100 milliards d'euros d'aide aux banques espagnoles est insuffisant pèse sur les obligations espagnoles.

En fin de matinée, le rendement des obligations espagnoles à 10 ans progressait de 15 points de base, à 6,676%, tout près du record de 6,71% atteint fin mai.

Pierre Moscovici, le ministre français de l'Economie, a estimé mardi que la décision des Etats de la zone euro de recapitaliser les banques espagnoles était une étape "convaincante" mais pas suffisante pour consolider la zone euro.

"Ce que nous avons fait pour l'Espagne, c'est une étape convaincante, mais il faut aller encore plus loin", a-t-il déclaré sur Europe 1, soulignant que le sommet européen des 28 et 29 juin devait permettre de définir un "cadre" permettant de consolider l'euro.

Dans ce contexte d'interrogations sur la zone euro, les appels se multiplient en faveur de la création d'une union bancaire.

Celle-ci pourrait être mise en place dès 2013 dans l'Union européenne sans modification des traités communautaires, estime le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, dans une interview publiée mardi par le Financial Times.

De son côté, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, écrit dans une tribune publiée par le Wall Street Journal que l'Union économique et monétaire européenne est incomplète et que l'euro doit pouvoir s'appuyer sur une union financière dotée d'un système de contrôle transfrontalier et d'un fonds commun de garantie des dépôts bancaires.

Benoit Van Overstraeten et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame

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  • M2280901 le mardi 12 juin 2012 à 14:37

    ensuite ce sera la France et adieu l'euro