Après l'Ecosse, la Catalogne veut son référendum

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(Actualisé tout du long) par Elena Gyldenkerne BARCELONE, 19 septembre (Reuters) - Le président du gouvernement catalan, Artur Mas, a fait savoir vendredi qu'il entendait organiser le 9 novembre prochain un référendum sur l'indépendance de la Catalogne malgré le refus du gouvernement central de Madrid. La victoire du "non" lors du vote sur l'indépendance de l'Ecosse, annoncée quelques heures plus tôt n'a pas dissuadé les dirigeants de la région de convoquer une consultation populaire sur la question d'une séparation d'avec l'Espagne. Le Parlement régional catalan devait approuver vendredi après-midi, lors d'une séance extraordinaire, une loi fixant le cadre légal dans lequel pourrait être organisé ce référendum. "Je vais signer le décret en vue de cette consultation en Catalogne, j'organiserai cette consultation le 9 novembre ainsi qu'en a convenu il y a quelques mois de cela la majorité des forces politiques catalanes", a dit le président de la Généralité de Catalogne. Contrairement au pouvoir britannique qui avait accepté l'organisation du référendum en Ecosse, le gouvernement espagnol estime qu'une telle consultation serait contraire à la constitution et a prévenu qu'il saisirait la justice pour empêcher sa tenue. "Les règles démocratiques en Espagne sont ce qu'elles sont et, à cet égard, le gouvernement espagnol a décidé à une large majorité que les référendums d'indépendance n'étaient pas permis par le droit", a réagi la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, interrogée à l'issue du conseil des ministres. En mars dernier, la Cour constitutionnelle d'Espagne a partiellement censuré la proclamation d'un droit à l'autodétermination de la Catalogne adoptée à l'unanimité par le Parlement régional en janvier 2013. Le point invalidé par la cour de Madrid affirmait que les habitants de la Catalogne ont le droit d'enfreindre la Constitution espagnole. "LES GENS VEULENT VOTER" Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, et Artur Mas, le président de la "Generalitat", se sont discrètement rencontrés le mois dernier sans s'accorder pour autant sur des avancées notables. Le président de la "Generalitat" n'a pas indiqué quelles mesures il envisageait de prendre si le gouvernement de Madrid s'opposait à son initiative. "Il est peu probable qu'il décide de défier Madrid en organisant le scrutin", estime l'analyste Antonio Barroso. Artur Mas, qui estime que le "non" écossais ne constitue pas un revers pour la cause indépendantiste, est sous la pression des alliés de sa coalition gouvernementale Convergence et Union (CiU) qui souhaitent une consultation référendaire même si cette dernière est déclarée illégale. D'après des sondages, une écrasante majorité de Catalans, jusqu'à 80%, réclament le droit de pouvoir être consultés sur l'avenir de leur province. Et le camp des partisans d'une sécession progresse. Certains instituts de sondage le créditent désormais de la majorité des intentions potentielles de vote. "Ce qui est clair est que le gens veulent voter", note Josep Roda, un avocat de 55 ans. "L'Ecosse est un bon exemple permettant au peuple d'exprimer son opinion". Le 11 septembre dernier, à l'occasion de la "Diada", la fête nationale catalane, plusieurs centaines de milliers de personnes - 1,8 million selon l'exécutif régional - ont formé une chaîne humaine dans les rues de Barcelone en faveur de l'organisation de ce référendum dont Madrid ne veut pas entendre parler. Certains Catalans favorables à l'indépendance admettent qu'une victoire du "oui" écossais aurait donné un sérieux coup de pouce à leurs revendications. Pour Rajoy, le maintien des Ecossais dans le Royaume-Uni est la meilleure solution "pour eux-mêmes, pour toute la Grande-Bretagne et pour le reste de l'Europe". (avec Sonya Dowsett et Paul Day à Madrid; Henri-Pierre André et Pierre Sérisier pour le service français)

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