Après l'échec de la trêve, les combats continuent à Gaza

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POURSUITE DES HOSTILITÉS ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS
POURSUITE DES HOSTILITÉS ENTRE ISRAËL ET LE HAMAS

par Nidal al-Mughrabi et Jeffrey Heller

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - L'armée israélienne a poursuivi mercredi ses raids aériens et ses tirs d'artillerie dans la bande de Gaza qui, selon le premier ministre Benjamin Netanyahu, vont s'intensifier après l'échec de l'offre de cessez-le-feu égyptienne, rejetée par l'aile militaire du Hamas.

Trois Palestiniens ont été tués aux premières heures de la journée et la maison de Mahmoud Zahar, premier responsable politique du mouvement islamiste visé depuis le début de l'offensive de Tsahal, a été détruite.

La veille, le gouvernement israélien avait suspendu les opérations militaires pendant six heures après avoir accepté la trêve proposée par l'Egypte, qui n'a en revanche pas mis fin aux tirs de roquettes du Hamas.

"Il aurait été préférable de résoudre cela par la voie diplomatique et c'est ce que nous avons cherché à faire en acceptant la proposition égyptienne de cessez-le-feu, mais le Hamas ne nous laisse pas d'autre choix que d'élargir et d'intensifier les opérations que nous menons contre lui", a déclaré Benjamin Netanyahu dans une allocution télévisée.

Selon les termes de la proposition égyptienne, une "désescalade" devait débuter mardi à 09h00 (06h00 GMT) et les hostilités cesser dans les 12 heures. Des négociations devaient ensuite se tenir au Caire dans les 48 heures pour consolider la trêve.

Les Brigades Ezzedine al Kassam, branche armée du Hamas, avaient d'emblée rejeté l'offre en promettant que la confrontation avec Israël allait "gagner en férocité et en intensité".

Moussa Abou Marzouk, membre de la direction politique du mouvement qui s'est rendu au Caire, avait toutefois ensuite assuré qu'aucune décision définitive n'avait été prise.

Selon l'armée israélienne, 123 roquettes ont été tirées mardi en direction de l'Etat hébreu, et l'une d'elle a coûté la vie à un civil. Il s'agit du premier décès israélien depuis le début des hostilités, il y a huit jours.

191 MORTS DANS LA BANDE DE GAZA

Dans la bande de Gaza, le bilan s'élève désormais à 191 morts, selon les services médicaux. Parmi eux figurent 150 civils, dont 30 enfants.

Si le système de défense Dôme de fer a permis d'intercepter 20 roquettes, dont deux visaient Tel Aviv, la course quotidienne aux abris s'est poursuivie pour une grande partie de la population israélienne.

Les sirènes d'alarme ont retenti jusqu'à 130 km au nord de la bande de Gaza mardi. La branche armée du Hamas et le Djihad islamique ont revendiqué les tirs en direction de Tel Aviv.

Six heures après le début théorique du cessez-le-feu, l'armée a donc repris ses opérations dans la bande de Gaza, où elle dit avoir visé au moins 20 lanceurs de roquettes dissimulés, des tunnels et des caches d'armes.

S'exprimant à Vienne, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a exprimé son soutien à Israël. "Je n'ai pas de mots assez forts pour condamner les actions du Hamas qui tire impudemment des roquettes, en grand nombre, face aux efforts de bonne volonté pour assurer un cessez-le-feu", a dit le secrétaire d'Etat américain.

Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza, avait auparavant déclaré que le mouvement ne déposerait les armes que lorsque ses demandes auraient été acceptées.

Il exige notamment la levée du blocus israélien de l'enclave et des restrictions égyptiennes imposées au poste-frontière de Rafah lorsque l'armée a déposé le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, il y a un an.

D'autres mouvements palestiniens, tels que le Djihad islamique, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP) ont dit ne pas avoir encore accepté l'offre égyptienne.

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, qui a conclu en avril un accord de réconciliation avec le Hamas, est, lui, partisan d'un cessez-le-feu, selon l'agence de presse Wafa.

Il est attendu au Caire mercredi où il devrait avoir des entretiens avec le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, a annoncé son porte-parole.

(Avec Allyn Fisher-Ilan et Maayan Lubell à Jérusalem, Noah Browning à Gaza, Michael Georgy au Caire; Simon Carraud, Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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  • 35924358 le mercredi 16 juil 2014 à 07:37

    Turquie = génocide Arménien + occupation actuelle de Chypre.