Après l'attentat de Suruç, Ankara nie soutenir tacitement l'EI

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(Avec autres déclarations de Davutoglu, manifestations à Istanbul) par Mehmet Emin Caliskan SURUÇ, Turquie, 21 juillet (Reuters) - Au lendemain de l'attentat de Suruç qui a déclenché la colère de la minorité kurde, la Turquie a rejeté mardi les accusations selon lesquelles Ankara aurait tacitement soutenu par le passé les opérations de l'organisation Etat islamique (EI) en Syrie. En déplacement dans la province de Sanliurfa (sud-est), où se situe Suruç, le Premier ministre Ahmet Davutoglu a annoncé qu'un suspect avait été identifié dans l'attentat suicide qui a tué 32 personnes dans cette ville proche de la Syrie. Lors d'une conférence de presse, il a déclaré que le gouvernement allait réfléchir mercredi à de nouvelles mesures de renforcement de la sécurité le long des 900 km de frontière entre la Turquie et la Syrie. Selon deux responsables turcs, les premiers éléments accréditent la thèse d'un attentat suicide commis par les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI). ID:nL5N1001FO L'attentat a visé un rassemblement de jeunes Kurdes et Turcs en partance pour Kobani, pour un projet de reconstruction de la ville syrienne ravagée par des mois de combats entre l'EI et les forces kurdes. D'après le quotidien turc Hurriyet, l'attaque a été commise par une jeune fille de 18 ans. D'autres médias évoquent la piste d'un homme originaire de la province d'Adiyaman (sud-est) comme principal suspect. A Istanbul lundi soir, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour disperser une foule scandant "Etat islamique meurtrier, Erdogan et AKP complices". Deux personnes ont été blessés par des coups de feu lors d'une manifestation similaire dans le port de Mersin (sud). Des milliers de combattants étrangers ont rejoint les rangs de l'EI via la Turquie ces dernières années mais, selon Ahmet Davutoglu, "la Turquie et les gouvernements de l'AKP (Parti de la justice et du développement, au pouvoir) n'ont jamais eu aucun lien direct ou indirect avec un quelconque groupe terroriste et n'ont jamais fait preuve de tolérance envers un quelconque groupe terroriste". Ces dernières semaines, les autorités turques ont mené une série de raids pour arrêter des membres présumés de l'EI. Elles ont également bloqué une demi-douzaine de sites internet islamistes, incitant un groupe affilié au groupe djihadiste à accuser Ankara de persécuter les musulmans. Les médias progouvernementaux accusent le Parti démocratique du peuple (HDP, prokurde) de chercher à exploiter l'attentat de Suruç en appelant les Kurdes à prendre les armes, une accusation vigoureusement rejetée par le chef du HDP Selahattin Demirtas. Ce dernier a jugé "honteux" que son appel à renforcer la sécurité du siège du HDP après "ce massacre inhumain et barbare" soit qualifié d'"appel aux armes". Plusieurs attaques d'activistes kurdes ont été recensées durant la nuit de lundi à mardi, sans qu'on sache si elles ont un lien avec l'attaque de Suruç. (Avec Daren Butler,; Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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