Après Garissa, le Kenya suspend des responsables de la sécurité

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NAIROBI, 21 avril (Reuters) - Le gouvernement kényan a suspendu de leurs fonctions neuf hauts responsables des services de sécurité à la lumière de l'enquête en cours sur le massacre de Garissa, où 148 personnes, des chrétiens pour la plupart, ont été assassinés par un commando des Chabaab somaliens le 2 avril dernier. L'ensemble des responsables de la police du comté de Garissa, ainsi que l'administrateur régional des forces de police et le chef des enquêtes criminelles sont concernés par cette mesure, a précisé mardi le ministre kényan de l'Intérieur. "Je suis convaincu de la nécessité d'une enquête complète sur cette attaque terroriste qui établira la possible culpabilité criminelle d'officiers ou de services de sécurité", a ajouté Joseph Nkaissery dans un communiqué. Le massacre revendiqué par les islamistes somaliens sur le campus universitaire de cette ville du nord-est du Kenya, à 200 km de la frontière somalienne, a révulsé la population du pays, majoritairement chrétienne, et placé le gouvernement du président Uhuru Kenyatta sous le feu des critiques. Le fait que des journalistes et des politiciens de Nairobi soient arrivés sur les lieux avant l'unité d'élite de la police a spectaculairement illustré les failles du dispositif de sécurité. "Je préviens tous les officiers responsables de la sécurité dans tout le pays qu'ils seront tenus personnellement responsables de tout acte commis ou omis qui mettrait en danger la vie et les biens des Kényans", a poursuivi le ministre. L'attaque de l'université de Garissa est la plus sanglante commise sur le sol kényan depuis l'attentat à la bombe contre l'ambassade américaine de Nairobi en 1998. D'après des spécialistes des questions de sécurité, les forces de sécurité du Kenya sont entravées dans leur action par un mauvais partage des informations et par une faiblesse de leurs structures de commandement. Ces deux dernières années, les islamistes somaliens ont tué plus de 400 personnes au Kenya, dont 67 dans l'attaque, en septembre 2013, du Westgate Mall, un centre commercial de Nairobi. Les Chabaab disent vouloir punir l'implication de l'armée kényane dans les opérations de maintien de la paix en Somalie. (Humphrey Malalo; Henri-Pierre André pour le service français)

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