Après Fifty Shades of Grey , le boom des sex-toys

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Sur fond de Saint-Valentin, le succès de la trilogie a stimulé les ventes de menottes, de fouets et autres jouets coquins.

«On ne s'attendait pas du tout à ce que ce livre ait une influence sur nos ventes», confie Fleur Breto, la directrice artistique de Passage du Désir, boutique «dédiée au développement durable du couple». Ces deux derniers mois, «la fréquentation de nos cinq magasins a augmenté de 15% et notre site Internet affiche une progression de 28% de son chiffre d'affaires», détaille la responsable, enjouée.

Le succès du roman Fifty Shades of Grey n'est pas étranger aux bons résultats avancés par l'entreprise. «On a remarqué un changement de consommation, souligne Fleur Breto. Les gadgets utilisés dans le livre se sont retrouvés pour la plupart dans notre top 5». En effet, les ventes des boules de Geisha, évoquées dans les romans de la trilogie, ont été multipliées par 10 par rapport à l'année précédente. «Sur la période novembre 2011-février 2012, nous en avions vendues 1400. Cette année, nous sommes passés à 14.500». Même chose pour les menottes et les jeux coquins. Résultat: «Notre chiffre d'affaires a décollé de 25% sur cette année fiscale».

L'engouement pour les sex toys évoqués dans le livre est tel que «début décembre, on a été en rupture de stocks», se souvient Fleur Breto. Touché de plein fouet par le phénomène, «notre principal fournisseur, Fun Factory, n'a pas réussi à nous livrer ces produits phare depuis le 31 décembre».

Conscient du succès de la trilogie de E.L. James, qui s'est vendue à plus de 70 millions d'exemplaires dans le monde, Vincent Lequeux, PDG de Miss Toysy, qui organise des «soirées sex-toys», a décidé de surfer sur cette vague. «Nos ventes ont décollé de 25% depuis début février, au moment où nous avons sorti un catalogue dans lequel nous proposons des accessoires inspirés des livres». Fouets, menottes, liens, «tout ce qui a trait à de la soumission soft a très bien fonctionné». Si bien que ce chef d'entreprise, qui emploie 700 vendeuses à domicile, cherche encore à recruter.

«La crise joue en notre faveur»

Le collection officielle reprenant les 20 articles tirés du best seller a également cartonné. Le distributeur exclusif de la marque en France et en Italie, Starnet, a déjà vendu près de 300.000 pièces depuis début novembre. «Ce qui a été surprenant, c'est que nous avons capté de nouveaux clients, explique Magali Dumoulin, co-fondatrice de la société. Séduites par le livre, des boutiques traditionnelles de lingerie ont décidé de créer un espace dédié à Fifty Shades». Et personne n'y échappe. Même la marque de lingerie de luxe Chantal Thomass s'y est mise en vendant le fameux kit rue Saint-Honoré.

Cette année, les sites Internet et autres boutiques s'attendent à une excellente Saint-Valentin. «Sans tomber dans le sadomasochisme, le livre a donné des idées aux gens, explique Fleur Breto de Passage du Désir. Il y a également la crise qui joue en notre faveur, poursuit-elle. Au lieu de partir trois semaines aux Maldives, ils vont sûrement s'acheter des petites choses tout en se faisant plaisir».

Lancée il y a cinq ans, l'entreprise Miss Toysy est en constante progression. «On ne connaît pas la crise, reconnaît Vincent Lequeux. Rien qu'en 2012, notre chiffre d'affaires a augmenté de 40%». Mais ce n'est pas le cas de tous. Sexyavenue.fr, créé il y a plus de 10 ans, souffre, pour sa part, d'une concurrence croissante. «Il faut désormais partager le gâteau en plusieurs morceaux, regrette Nouhad Meghzili, chef de produit du site Internet. Et cela devient de plus en plus difficile». En attendant, la vague Fifty Shades devrait pouvoir soutenir les ventes, au moins jusqu'à la sortie du film, dont le tournage devrait débuter cette année.

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