Après Brétigny, priorité à la rénovation des voies classiques

le
0
APRÈS L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY, PRIORITÉ A LA RENOVATION DES INTERCITÉS
APRÈS L'ACCIDENT DE BRÉTIGNY, PRIORITÉ A LA RENOVATION DES INTERCITÉS

PARIS (Reuters) - François Hollande a fixé dimanche pour priorité la rénovation des lignes ferroviaires classiques en France après l'accident de Brétigny-sur-Orge (Essonne) qui a fait six morts.

Le chef de l'Etat, qui s'était rendu sur place vendredi après le déraillement du train Intercités 3657 Paris-Limoges, a déclaré qu'aucune hypothèse n'était à écarter quant aux causes de l'accident mais qu'il ne privilégiait pas celle d'une malveillance.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a réaffirmé dimanche lors d'une conférence de presse que le train avait vraisemblablement déraillé à cause d'une éclisse défectueuse.

Cette pièce de raccordement métallique, une sorte d'agrafe d'une dizaine de kilos fixée par quatre boulons aux rails, s'est détachée pour se retrouver dans le système d'aiguillage à quelque 200 mètres de la gare de Brétigny-sur-Orge.

Six personnes, quatre hommes et deux femmes âgés de 19 à 82 ans, ont été tuées dans l'accident. Quatorze personnes blessées, dont deux très grièvement, étaient toujours hospitalisées dimanche matin, selon le préfet de l'Essonne, Michel Fuzeau.

Trois enquêtes -une par le parquet d'Evry, une par le ministère des Transports et une dernière par la SNCF et Réseau ferré de France- ont été ouvertes.

AUCUNE ANOMALIE SUR LE TRAIN ACCIDENTÉ

"Pour ce que je sais d'ores et déjà de ce qui s'est produit, c'est une défaillance matérielle", a déclaré François Hollande lors de son interview télévisée du 14-Juillet.

"La première conclusion que nous tirons, c'est de faire que dans les investissements qui seront importants dans les prochaines années, nous mettions la priorité sur les lignes classiques, les Intercités", a-t-il ajouté.

Guillaume Pepy a indiqué par la suite qu'"une trace de choc avec l'éclisse" avait été relevée "sur le dernier essieu de la troisième voiture" du train accidenté, ce qui confirme l'hypothèse d'une défaillance de cette pièce.

"Nous connaissons à ce jour le motif de cet accident, nous n'en connaissons pas les causes", a souligné pour sa part Jacques Rapoport, président de Réseau ferré de France (RFF).

"Toutes les hypothèses (...) restent ouvertes. Nous n'avons pas d'éléments qui nous permettent à ce jour de réduire le champ du possible", a-t-il ajouté.

Le train accidenté et deux trains qui avaient circulé sur cette même ligne plus d'une demi-heure avant ont été inspectés et aucune anomalie mécanique ni détérioration n'a été constatée, a dit Guillaume Pepy.

"RIEN N'EST SACRIFIÉ À LA SÉCURITÉ"

La SNCF s'est engagée à vérifier les 5.000 éclisses du même type sur son réseau. Les syndicats évoquent la vétusté du réseau ferré "classique", alors que l'accent est mis depuis de nombreuses années sur les lignes à grande vitesse.

Jacques Rapoport s'est inscrit en faux contre ces allégations, affirmant que la politique de maintenance et d'entretien de RFF constituait une garantie pour "la sécurité des circulations".

"Nous avons touché, avec cette catastrophe, les limites du système ferroviaire français", juge toutefois dans Le Journal du Dimanche le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier.

"Notre difficulté est de jongler entre une demande croissante de transports en commun et des infrastructures qui doivent être adaptées", ajoute-t-il.

Pour autant "rien, nulle part sur le réseau, n'est sacrifié à la sécurité", souligne-t-il, précisant que près de 70 millions d'euros ont été débloqués pour l'entretien de cette ligne pour 2013, soit "un doublement des investissements par rapport à l'année précédente".

Un audit sur la sécurité ferroviaire doit être remis au ministre en octobre prochain.

Les opérations de levage se poursuivaient dimanche à la gare de Bretigny-sur-Orge pour dégager les quatre wagons couchés sur les voies. Une grue télescopique belge a été spécialement acheminée du nord de la France.

Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a précisé samedi que ces travaux pourraient prendre plusieurs jours. Le trafic est interrompu jusqu'à nouvel avis à la gare de Paris-Austerlitz (lignes Paris-Orléans, Paris-Limoges, Paris-Cahors-Toulouse), a indiqué l'opérateur ferroviaire.

Sophie Louet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant