Après 3 mois de frappes, l'EI n'a guère reculé sur le terrain

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par Dominic Evans et Oliver Holmes BAGDAD/BEYROUTH, 4 décembre (Reuters) - Après environ trois mois de frappes aériennes menées par la coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les djihadistes du groupe Etat islamique ont cédé peu de terrain au sein du "califat" qu'ils ont proclamé dans le nord de la Syrie et de l'Irak. S'ils ont perdu des villes situées en lisière des territoires sous leur contrôle en Irak, notamment dans les régions où cohabitent plusieurs communautés et où leur fondamentalisme sunnite rencontre peu d'échos, ils ont consolidé leurs positions dans les régions les plus acquises aux sunnites. En août, l'offensive de l'EI contre les territoires du Kurdistan autonome irakien a fini par être repoussée et, deux mois plus tard, les djihadistes ont été chassés de la ville de Djourf al Sakhar, au sud de Bagdad. Ils ont également été évincés de deux villes proches de la frontière iranienne en novembre. Les ennemis de l'EI l'assurent, la reconquête de certaines villes montre que le vent a tourné en Irak et que le groupe islamiste sunnite est désormais sur la défensive. "Le mieux qu'ils peuvent faire, c'est couper une route ou attaquer une patrouille, mais leur progression territoriale a été complètement stoppée", estime Hadi al Amiri, chef de l'organisation Badr, une milice chiite qui, aux côtés des peshmergas (combattants kurdes), a réussi à reconquérir Saadiya et Jalawla, deux villes proches de la frontière iranienne. Mais à ces quelques exceptions, comme le fait que l'armée irakienne ait réussi à lever le siège de la plus grande raffinerie d'Irak, à Baïdji, l'emprise des djihadistes sur les provinces à prédominance sunnite au nord et à l'ouest de Bagdad demeure. MOINS DE PRESSIONS EN SYRIE Pour Abou Bakr al Baghdadi, "calife" de l'Etat islamique, l'envoi par les Américains de nouveaux conseillers militaires en Irak a montré que l'EI avait toujours le vent en poupe. "Les frappes aériennes et les bombardements constants effectués par les croisés, jour et nuit, contre les positions de l'Etat islamique, n'ont pas empêché celui-ci de progresser", a-t-il dit à ses combattants voici trois semaines. De fait, depuis la grande offensive de l'EI en Irak en juin, l'Irak puis la coalition n'ont guère réussi à modifier la donne dans les provinces sunnites d'Anbar et de Salahouddine, de même que dans celle de Ninive, où se trouve Mossoul, grande métropole que les islamistes ont conquise en juin. Pour l'expert irakien Hicham al Hachémi, la situation en Irak est celle d'une impasse, les forces gouvernementales regagnant un peu de terrain à certains endroits, mais l'EI renforçant sa mainmise sur les régions au coeur de son "califat". L'EI, dit-il, contrôle désormais 85% de la province d'Anbar, où il tente désormais de prendre la capitale régionale Ramadi et où il a massacré des centaines de membres d'une tribu sunnite qui avait pris les armes contre lui. Si en Irak il existe clairement des zones où l'EI se retrouve sur la défensive, en Syrie, le groupe djihadiste subit moins de pressions militaires, car les Etats-Unis ont peu d'alliés sur le terrain pour conforter les gains obtenus grâce aux frappes aériennes. Pour certains militants syriens, de même que pour certains analystes occidentaux, les opérations aériennes n'ont pas réussi à affaiblir l'EI en Syrie. Anthony Cordesman, du Centre des études stratégiques et internationales, parle de "non stratégie" américaine en Syrie. Le résultat, c'est une "pagaille stratégique" qui permet à l'armée de Bachar al Assad de renforcer ses propres raids aériens contre d'autres organisations insurgées, dont certaines favorables à Washington, tout en laissant à la coalition internationale le soin de s'occuper des positions de l'EI. Pour les partisans de l'EI, les frappes aériennes de la coalition ont aidé le groupe djihadiste à trouver des soutiens parmi la population et elles ont rallié à lui davantage de combattants. "Alors que le monde entier cherche à sauver Kobani, nous progressons et nous renforçons en Irak et en Syrie", a dit un combattant de l'EI dans la ville syrienne de Rakka, en faisant allusion au siège d'une ville kurde syrienne du nord du pays. Bachar al Assad lui-même estime que les frappes menées par la coalition internationale contre l'Etat islamique sont inefficaces. Dans une interview mise en ligne par Paris Match, le président syrien souligne que ses troupes sont les seules à mener des combats terrestres contre l'EI. "On ne peut pas mettre fin au terrorisme par des frappes aériennes. Des forces terrestres qui connaissent la géographie et agissent en même temps sont indispensables", dit-il ( IDn6N0TN33L ). (Eric Faye pour le service français)

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  • M7097610 le jeudi 4 déc 2014 à 09:40

    en fait, tous les français se contrefichent de l'EI... Comme les suisses, ils voient juste arriver des immigrants à cause de ces guerres en afrique ou moyen orient et c'est tout. La Bosmie les touchaient à peine en 1990 alors la Syrie, vous pensez...