Apple va verser son premier dividende depuis 1995

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APPLE ALLOUE 45 MILLIARDS DE DOLLARS À SES ACTIONNAIRES
APPLE ALLOUE 45 MILLIARDS DE DOLLARS À SES ACTIONNAIRES

par Poornima Gupta

SAN FRANCISCO (Reuters) - Le patron d'Apple, Tim Cook, a répondu à un voeu formulé de longue date par les investisseurs, en annonçant lundi qu'il partagerait avec les actionnaires une partie de l'imposant "trésor de guerre" sur lequel la marque à la pomme est assise.

Le groupe, qui n'avait plus versé de dividende depuis 1995, prévoit de distribuer environ 45 milliards de dollars sur trois ans à ses actionnaires, notamment sous la forme d'un dividende trimestriel et d'un programme de rachats d'actions.

Les actionnaires recevront un dividende trimestriel de 2,65 dollars par action à compter du dernier trimestre fiscal 2012, qui démarre le 1er juillet.

Ce programme de versement de dividendes, dont Tim Cook précise qu'il sera réévalué périodiquement, pèsera 10 milliards de dollars par an, ce qui en fait l'un des plus importants ce jour parmi les sociétés américaines.

Le programme de rachat de titres s'élèvera quant à lui à 10 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) et démarrera au cours de l'exercice fiscal 2013.

Tim Cook a souligné auprès des analystes que la priorité absolue d'Apple restait de fabriquer des "produits géniaux", faisant écho au credo de Steve Jobs, l'ancien patron emblématique du groupe, décédé en octobre au terme d'une longue bataille contre le cancer.

"L'innovation est le premier objectif d'Apple et nous ne le perdrons pas de vue", a souligné Tim Cook dans un communiqué.

L'initiative de Tim Cook intervient quelques mois seulement après son arrivée à la tête du groupe et rompt avec la pratique de Steve Jobs, qui a longtemps fait languir les actionnaires.

"Déjà nous constatons sous Tim Cook plus d'ouverture, plus de volonté à résoudre des problèmes sur différents fronts que nous n'en avons constaté dans le passé", déclare Connor Browne, gérant de portefeuille pour Thornbug Value Fund.

"Il y a cependant toujours une certaine pression sur la direction pour qu'elle propose des produits fantastiques dans les mois à venir."

"TRÉSOR DE GUERRE" STRATÉGIQUE

Apple n'a plus versé de dividende depuis 1995 et le groupe affichait en 1996 une perte nette de 816 millions de dollars.

Entre temps, le cours de l'action a été multiplié par plus de 100: alors qu'elle valait autour de 5,5 dollars à la fin du mois de septembre 1996, elle se traitait lundi vers 19h05 GMT à 598,65 dollars, en hausse de 2,23%.

Le rendement annuel du dividende annoncé ressortira autour de 1,8%, ce qui le place par exemple au-dessus d'Oracle et IBM mais en-dessous du rendement moyen de 2,4% des sociétés de l'indice S&P 500, notent les analystes.

Apple, qui a accumulé une trésorerie estimée à 98 milliards de dollars, conservera un "trésor de guerre" pour d'autres opportunités stratégiques, a précisé Tim Cook.

"Ces décisions ne nous fermeront aucune porte", a-t-il dit.

Au moment de la prise de fonction de Tim Cook, certains intervenants à Wall Street s'inquiétaient de sa capacité à faire preuve du même talent visionnaire que Steve Jobs en matière d'innovation technologique.

L'ancien numéro deux d'Apple a toutefois su imprimer sa propre marque, en affichant notamment sa préoccupation quant aux conditions de travail des sous-traitants du groupe.

Tim Cook, qui avait assuré l'inauguration de l'iPhone 4S l'an dernier, s'est réjoui ce lundi d'un "week-end record" de ventes pour la dernière version de l'iPad, équipé de la technologie 4G.

Mais de nombreux investisseurs attendent à présent une Apple TV ou un autre gadget susceptible de révolutionner l'industrie technologique comme l'ont fait l'iPod et l'iPhone.

Lors d'une téléconférence, l'une des premières questions posées portait sur les produits à venir de la marque à la pomme. Tim Cook s'est refusé à tout commentaire.

"L'un des risques avec Apple en particulier, c'est que le groupe n'a que très peu de revenus récurrents. L'essentiel du chiffre d'affaires repose sur les ventes nouvelles, ce qui signifie que l'innovation est absolument primordiale", note Oliver Pursche, gérant du fonds GMG Defensive Beta.

Avec le bureau de New York et Tarmo Virki à Helsinki, Jean Décotte et Natalie Huet pour le service français, édité par Nicolas Delame et Benoît Van Overstraeten

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  • vaudouar le lundi 19 mar 2012 à 19:50

    En-dessous du rendement moyen de 2,4% des sociétés de l'indice S&P 500. Reste à voir si ces sociétés offrent en plus une hausse de l'action de 45 % par an (moyenne depuis le 1/1/2001).