Apple compte sur Beats et Iovine pour faire entendre sa musique

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APPLE S'OFFRE BEATS ET SES FONDATEURS POUR FAIRE ENTENDRE SA MUSIQUE
APPLE S'OFFRE BEATS ET SES FONDATEURS POUR FAIRE ENTENDRE SA MUSIQUE

par Christina Farr

SAN FRANCISCO (Reuters) - En déboursant autour de trois milliards de dollars (2,2 milliards d'euros) pour acquérir Beats et s'offrir ainsi l'oreille du producteur de légende Jimmy Iovine, Apple espère faire entendre sa musique dans un secteur en pleine mutation.

Propriétaire depuis mercredi du fabricant d'écouteurs Beats Electronics et du service d'écoute de musique en ligne Beats Music, le groupe à la pomme compte désormais également dans ses rangs les deux co-fondateurs de Beats, le rappeur Dr. Dre et donc Jimmy Iovine.

Apple espère que ce dernier, qui s'est fait connaître comme producteur de Bruce Springsteen, Patti Smith ou encore U2 avant d'évoluer intelligemment avec son temps, saura lui prodiguer de précieux conseils.

"La musique telle que nous l'avons connue est en train de mourir et elle n'a pas évolué comme nous l'aurions souhaité", a dit mercredi Eddy Cue, responsable des logiciels et des services internet chez Apple, lors d'une intervention aux côtés de Jimmy Iovine à l'occasion d'une conférence à Rancho Palos Verdes, en Californie, la terre du fabricant de l'iPhone.

Apple a misé gros ces dernières années sur le téléchargement par le biais de sa plate-forme iTunes Store. Or ce secteur, qui a précipité le déclin du marché des CD, pourrait être dépassé à terme par l'écoute en ligne, ou streaming musical.

Beats Music est présent sur ce secteur en pleine expansion mais ne compte que 250.000 abonnés alors que Spotify, la référence du streaming musical, en affiche 10 millions.

Apple et Jimmy Iovine doivent donc refaire leur retard et se préparer aux nouveaux virages que ne manquera pas de prendre une industrie musicale dont l'avenir reste à écrire.

UN MODÈLE À INVENTER

Le rachat de Beats revêt une importance stratégique capitale pour Apple à un moment où la croissance des ventes de l'iPhone se tasse. Cela explique que le groupe, focalisé jusqu'à présent dans des achats plus modestes et plus ciblés, ait accepté de faire un gros chèque.

Il s'agit de la plus importante acquisition à ce jour pour Apple, qui reste cependant loin des 19 milliards de dollars que Google a accepté de débourser pour s'offrir WhatsApp.

Si le streaming musical ne cesse de progresser, un nouveau modèle économique reste à inventer pour une industrie musicale qui tire de cette filière des revenus plus modestes que ceux rapportés par les ventes de CD ou même les téléchargements.

"Nous devons trouver le bon modèle, même si nous ne savons pas exactement de quel modèle il s'agit", a expliqué Jimmy Iovine. "Nous devons injecter des stéroïdes dans la machine et nous devons le faire rapidement".

L'univers de la technologie, symbolisé par la Silicon Valley, et l'industrie musicale, dont le coeur bat à Los Angeles, sont condamnés à s'entendre mais ce ne sera pas simple.

"La triste vérité, c'est qu'il y a un véritable Mur de Berlin entre la Silicon Valley et LA", explique le patron d'Apple, Tim Cook, dans une interview au Wall Street Journal. "Ces deux-là ne se comprennent pas et ne se respectent pas".

Jimmy Iovine, dont le rôle chez Apple n'a pas été clairement défini, devra donc d'abord faire bénéficier son nouvel employeur de ses talents en matière d'harmonie.

(Avec Alexei Oreskovic à Rancho Palos Verdes; Patrick Vignal pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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