Appel d'offres pour une reprise globale du groupe Doux

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RENNES (Reuters) - Un des administrateurs judiciaires du groupe volailler Doux a annoncé vendredi le lancement d'un appel d'offres pour une reprise globale de l'entreprise avec maintien des activités.

"Les difficultés de trésorerie de la période d'observation du redressement judiciaire (...) rendent difficiles, voire compromettent la faisabilité d'un plan de redressement", explique Régis Valliot dans un communiqué.

"En conséquence, nous avons décidé de lancer un appel d'offres aux candidats repreneurs d'ores et déjà déclarés auprès des pouvoirs publics, grands acteurs du secteur agro-alimentaire, pour rechercher une solution alternative et globale", poursuit-il.

La solution de reprise, "qui devra émerger dans un délai raisonnable", sera de préférence globale, précise-t-il, et devra maintenir les activités, sauvegarder un maximum d'emplois et apurer le passif dans les meilleures proportions possibles.

L'administrateur judiciaire indique que "tout sera mis en oeuvre pour éviter un démantèlement", et laisse encore place à la possibilité d'un "refinancement global du groupe".

Vendredi après-midi, la direction du groupe Doux a démenti formellement toute intention d'un démantèlement sous forme de "vente à la découpe", comme cela est évoqué dans le quotidien Le Monde daté du 23 juin.

"Il s'agit d'un abus de langage que nous regrettons amèrement et qui ne fait que mettre de l'huile sur le feu", a dit un porte-parole du volailler, placé en redressement judiciaire depuis le 1er juin.

COURSE CONTRE LA MONTRE

Selon Doux, le lancement de l'appel d'offres annoncé par l'administrateur judiciaire est "une décision conservatoire destinée à sauvegarder le groupe si la période d'observation ne peut être financée sur une durée suffisante."

Lancé dans une course contre la montre pour trouver des fonds qui permettent le paiement des éleveurs, des fournisseurs et la poursuite de l'activité, le groupe Doux a fait savoir que 20 millions d'euros lui seraient réglés lundi à la suite de la mise en vente d'une usine "non stratégique".

Cette vente ne serait toutefois pas suffisante selon l'administrateur judiciaire pour permettre au groupe de faire face à ses échéances. Une ligne de crédit de 30 à 35 millions d'euros aurait été nécessaire pour permettre à l'entreprise de fonctionner normalement au cours des prochaines semaines.

Aucun accord pour l'ouverture d'une ligne de crédit n'a pu être trouvé avec la banque Barclays, principal créancier du groupe, qui aurait voulu en prendre le contrôle et souhaitait le départ de son dirigeant Charles Doux.

Le volailler regrette de son côté la décision de la société d'affacturage Natixis Factor, qui a refuse de débloquer 10 millions d'euros correspondant à des créances de l'industriel auprès de la grande distribution.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a lancé de son côté vendredi un appel à "la mobilisation des partenaires bancaires afin de trouver une solution financière permettant la poursuite de l'activité du groupe Doux".

Le groupe Doux emploie 3.400 salariés et travaille avec 800 éleveurs essentiellement implantés dans le Grand Ouest de la France.

Pierre-Henri Allain, édité par Gilles Trequesser

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  • M140210 le vendredi 22 juin 2012 à 16:53

    Parait que Bruxelle est contre la découpe de poulets, c'est dangereux pour les employés, ...heu pour les poulets.