Appel aux réformes structurelles en parallèle du QE de la BCE

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APPEL AUX RÉFORMES STRUCTURELLES EN PARALLÈLE DU QE DE LA BCE
APPEL AUX RÉFORMES STRUCTURELLES EN PARALLÈLE DU QE DE LA BCE

par Noah Barkin et Paul Taylor

DAVOS, Suisse (Reuters) - Les banques centrales ont fait de leur mieux pour étayer la croissance mondiale en faisant marcher la planche à billets et c'est maintenant au tour des politiques de mettre en oeuvre des réformes structurelles et des dispositifs de soutien à l'investissement pour stimuler la croissance, ont déclaré des responsables d'instituts d'émission samedi.

Deux jours après que la Banque centrale européenne (BCE) eut lancé un programme d'assouplissement quantitatif (QE) pour relancer croissance et inflation dans la zone euro, un responsable de cette dernière a évoqué le risque que celle-ci se lézarde si un chômage massif et une croissance molle s'y ancraient.

"Nous ne pouvons nous charger de tout pour l'Europe, nous avons fait notre part jeudi et d'autres doivent faire de même. En tant que BCE, nous ne pouvons pas relever la croissance de manière durable", a dit Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE.

Réfléchissant aux perspectives économiques dans le cadre du Forum économique mondial de Davos, les invités du Fonds monétaire international, de la BCE, de la Banque d'Angleterre et de la Banque du Japon ont jugé que leurs politiques monétaires ultra-accommodantes ne faisaient que retarder les échéances pour les responsables économiques.

La BCE a lancé jeudi un programme de rachats d'obligations d'Etat sur 18 mois à partir de mars qui lui permettra d'injecter des centaines de milliards d'euros dans le système financier de la zone euro pour tenter de relancer le crédit, l'économie et l'inflation.

"Les fondements politiques du projet européen sont affaiblis", a lancé Coeuré, faisant référence à une croissance faible et à un chômage élevé.

De son côté, le président de la BCE Mario Draghi, qui n'était pas à Davos cette année, a exhorté les pays à redoubler d'efforts pour créer une union économique "authentique".

Dans un éditorial destiné au magazine allemand WirtschaftsWoche, Draghi souligne l'importance des réformes pour accélérer la concurrence, alléger la bureaucratie et améliorer la souplesse du marché du travail.

Pour sa part, Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a estimé que le risque de voir le secteur financier prendre des risques inconsidérés était plus élevé lorsque les taux d'intérêt étaient très bas mais ajouté que les régulateurs étaient à présent davantage conscients du problème et mieux armés pour le résoudre.

Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Banque du Japon, a souligné l'importance des actions de la BCE en jugeant qu'elles amélioreraient sensiblement les perspectives de l'économie mondiale dans la mesure où la zone euro était le bloc économique le plus important de la planète.

Pour autant, Larry Fink, directeur général du fonds d'investissement BlackRock, a observé que l'humeur de Davos était plus pessimiste qu'en 2014, lorsque la zone euro semblait sur le point de se remettre de sa profonde crise économique et financière.

(Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par)

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