Antoine Doinel est mort, vive le roi !

le
0
Jean Pierre Léaud dans sa chambre à Cannes, le 19 mai.
Jean Pierre Léaud dans sa chambre à Cannes, le 19 mai.

A 72 ans, Jean-Pierre Léaud, héros de « La Mort de Louis XIV », d’Albert Serra (hors compétition) recevra ce week-end une Palme d’honneur, pour l’ensemble de sa carrière.

Il a déplié son petit corps, flexible malgré les années et, la tête posée sur l’oreiller au milieu des restes de petit-déjeuner, il a commencé à parler : « On ne sort pas de ce genre d’expérience intact. Ce fut une épreuve. Un film très particulier, quasiment muet, sur la souffrance physique et sur la mort. Je ne l’ai pas joué, je l’ai vécu. Alors forcément… » Jean-Pierre Léaud, 72 ans, reçoit dans son lit. Comme en 1715 le Roi-Soleil, 72 ans, à l’agonie, celui-là même qu’il interprète dans La mort de Louis XIV, du Catalan Albert Serra, en sélection officielle ce jeudi 19 mai à Cannes. Un film hors compétition pour un acteur hors compétition, hors cadre. « Hors compétition, oui, mais tout le temps dans le cadre ! », corrige l’acteur, d’un gloussement rebelle.

« Pendant un mois entier, raconte-t-il, avec sa caméra numérique, Albert Serra m’a filmé du matin au soir et du soir au matin. J’étais totalement immergé dans ce personnage de Louis XIV, sachant très bien que ce que le cinéma saisissait à travers moi, c’était “la mort au travail” chère à Jean Cocteau. La mort, il ne faut pas l’évacuer, mais bien au contraire l’accueillir et en faire quelque chose. C’est ce que j’ai essayé de faire dans ce film. Quand Sacha Guitry montre la mort de Talleyrand dans Le Diable boiteux, il n’y a rien [il mime un corps rigide allongé dans un cercueil]. Alors qu’ici il y a quelque chose… »

Héros culte Jean-Pierre Léaud a des coquetteries. Charmantes. Et aussi la bouche sèche, la langue qui...

Retrouvez cet article sur LeMonde.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant