Année noire pour les ventes de vêtements

le
0
Elles ont chuté de 2,1% en 2011, victimes du ralentissement économique.

La crise n'épargnera pas le secteur du textile et de l'habillement, ni en 2011 ni en 2012, selon les derniers chiffres communiqués hier par l'Institut français de la mode (IFM). En chute de 11,7% en valeur en France au troisième trimestre, les ventes de vêtements auront reculé de 2,1 % en 2011, quatrième année de baisse consécutive. Bien plus mauvaise qu'en 2010 (où les ventes n'avaient chuté que de 0,6%), la tendance ne risque pas de s'inverser en 2012: sur fond d'un ralentissement économique durable, l'IFM prévoit un repli de 1,8%.

Une consommation en berne et une flambée des cours des matières premières (coton, laine, pétrole...) continuent de pénaliser le secteur. «La hausse des coûts n'a pu être répercutée qu'en partie sur les prix au client car la demande est en baisse», souligne Gildas Minvielle, responsable de l'Observatoire économique de l'IFM. La consommation ne peut progresser, estime-t-il, «quand on a une économie qui croît à un rythme assez faible. Il faut 2 ou 3% de croissance globale de la consommation» pour espérer voir une «dynamique» ressurgir dans ce secteur, ajoute-t-il. On en est loin, avec moins de 1% de croissance.

La baisse des ventes ne s'est pas encore fait ressentir sur la production de l'industrie textile, stable depuis 2009. Elle affichait même un chiffre d'affaires en hausse de 8% fin août, grâce au dynamisme des exportations, soutenues par l'Asie. Mais l'activité industrielle peut être rattrapée par la crise, «en cas de poursuite de la dégradation enregistrée depuis l'été», met en garde l'IFM.

Consommateur bipolaire

Pour résister, les distributeurs affûtent leurs armes, stratégiques et marketing. Une grande attention est accordée aux nouveaux comportements et exigences des consommateurs. Crise oblige, 25% des femmes revendent leurs vêtements, 20% font du troc... Les convaincre d'acheter neuf est d'autant plus difficile. Alors que 34% de ces dernières n'achètent plus leurs vêtements qu'en soldes, les enseignes multiplient les promotions, tout en organisant, parallèlement, une montée en gamme.

La crise fait ainsi coexister deux attitudes de consommation paradoxales: la «fast fashion», centrée sur des achats fréquents et bon marché, et la «slow fashion» qui surfe sur des dépenses moins nombreuses, mais plus qualitatives et plus chères. Le consommateur 2012 serait ainsi devenu «bipolaire», diagnostique l'IFM.

LIRE AUSSI:

» Soldes d'été 2011 : un bilan contrasté dans l'habillement

» Les femmes achètent moins de vêtements depuis 2000

» Les ventes de vêtements ont chuté de 10 % en septembre

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant