Anne Pingeot, au grand jour

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Le président de la République François Mitterrand écoute les précisions d'Anne Pingeot, conservateur du musée d'Orsay lors de l'inauguration du musée, le 1er décembre 1986 à Paris, en présence de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.
Le président de la République François Mitterrand écoute les précisions d'Anne Pingeot, conservateur du musée d'Orsay lors de l'inauguration du musée, le 1er décembre 1986 à Paris, en présence de l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.

L’ancienne conservatrice au Musée d’Orsay a partagé trente-deux ans de sa vie avec François Mitterrand. Il l’appelait son « animour », elle fut sa complice, sa passion cachée et une compagne invisible mais très écoutée.

Comme une sylphide, elle s’est évaporée de la vie publique en mai 2008, mois de ses 65 ans. Anne Pingeot a décroché du parvis du Musée d’Orsay son mythique vélo à panier d’osier : il y stationnait depuis 1986, à quelques mètres des « Six Continents », demi-douzaine de statues sauvées d’une décharge proche de Nantes par la conservatrice.

Son ombre discrète est réapparue fugitivement à l’Ecole du Louvre, pour un cours sur la sculpture de la seconde moitié du XIXe, sa spécialité. Elle a encore surgi sur son vélo devant l’église Sainte-Clotilde, dans le 7e arrondissement de Paris, pour saluer la mémoire d’André Rousselet, le fondateur de Canal+ et l’exécuteur testamentaire de François Mitterrand, qu’elle adorait.

Le 25 septembre, lors du vernissage de l’exposition « Spectaculaire Second Empire », on a aussi vu arriver sa longue silhouette de « dame blanche, divinité tutélaire qu’on était tous heureux de revoir trente ans après l’inauguration du Musée », raconte un de ses collègues. Depuis, elle est partie en voyage loin de la France, comme si son destin de clandestine la rattrapait, à nouveau.

«  L’héroïne d’un film que personne ne verra jamais » Elle vient de confier à Gallimard le journal intime que tenait le député socialiste de la Nièvre entre 1964 et 1970, ainsi que les lettres écrites par l’ex-président de la République jusqu’à sa mort à son « animour », le surnom donné à cette femme de vingt-sept ans sa cadette (voir Le Monde des livres).

Nul n’entendra pourtant sa voi...

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