Anne Lauvergeon : «J'encaisse malveillances et coups tordus»

le , mis à jour à 10:40
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Anne Lauvergeon : «J'encaisse malveillances et coups tordus»
Anne Lauvergeon : «J'encaisse malveillances et coups tordus»

Surnommée Atomic Anne à l'époque, Anne Lauvergeon a été présidente d'Areva, le numéro un mondial du nucléaire civil, de 2001 à 2011. Elle nous a reçus dans ses bureaux du VIIIe arrondissement de Paris pour le premier entretien qu'elle accorde depuis plus d'un an. Elle sera bientôt entendue par les juges.

Dans quel état d'esprit êtes-vous ?

ANNE LAUVERGEON. Depuis cinq ans que j'ai quitté Areva, j'ai créé mon entreprise. J'aide les groupes à réussir leurs projets et à innover, je crée des emplois. C'est une nouvelle vie passionnante. J'encaisse sans me plaindre les malveillances et les coups tordus, mais je souffre. La violence de ces attaques me sidère.

Pourquoi fallait-il qu'Areva acquière Uramin ?

A partir de 2004, Areva anticipe une croissance de la demande mondiale en uranium et de son prix. Le groupe avait besoin de garantir l'approvisionnement en uranium de ses clients électriciens. Nous avons proposé plusieurs opérations d'acquisition stratégiques à l'Etat. Il les a refusées. En 2007, avec la hausse des cours, certaines cibles étaient devenues trop chères. Restait Uramin, la plus importante entreprise encore accessible. La banque Rothschild, spécialiste dans les matières premières, nous a accompagnés à chaque étape (prix, valorisation, etc.). Avec le feu vert de toutes les tutelles et de l'Etat (en possession de tous les documents), l'acquisition s'est faite en août 2007, pour 1,8 Md€.

Quatre ans plus tard, Areva intégrait dans ses comptes une perte du même montant...

N'oublions pas la catastrophe de Fukushima en 2011. Elle a fortement impacté le marché du nucléaire en général et de l'uranium en particulier. Sur les dépréciations, deux points me paraissent essentiels. D'abord, c'est une pratique courante chez les opérateurs miniers. Depuis 2007, les principales sociétés ont passé plus de 120 Mds€ de dépréciations d'actifs, qui reflètent les aléas du métier (tensions géopolitiques, ...

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  • M3366730 il y a 8 mois

    Une des ex de Mitterand en difficulté, tout lui sera pardonné.

  • M7097610 il y a 8 mois

    elle "encaisse" peut être mais en attendant, c'est le contribuable qui décaisse...et il ne s'agit pas d'amour propre !

  • M7097610 il y a 8 mois

    Rothschild tient tient....les bons conseils de Macron peut être ??? Il ne s'en vante pas. Mme Lauvergeon, on attend toujours l'identité de l'intermédiaire soi disant canadien mais que personne ne connait.... son nom ne commencerait pas par F ... ?

  • M7049103 il y a 8 mois

    La mise en examen d'Olivier Fric le mari de madame intervient dans le cadre d'une information judiciaire plus large sur les zones d'ombre entourant le rachat de la société minière Uramin, qui s'est avéré catastrophique pour Areva.Manque pas d'oxygène la copine de Dieu

  • janaliz il y a 8 mois

    Semble avoir la mémoire un peu courte la dame. Quand on a mis à genoux un des fleurons technologiques de son pays, on fait profil bas, très bas...

  • soulamer il y a 8 mois

    en tout cas on a la preuve qu' elle peut se payer un conseil en communication pour attaquer. Payé des fortunes pour manipuler le cerveau du petit peuple, retourner l'opinion....c'est l'arme absolue des puissants d'aujourd'hui tordre et retordre la vérité à coup de rhétorique fumeuse.. le marketing est un mal le conseil en com son petit frère

  • remimar3 il y a 8 mois

    Elel a voulu faire cavalier seul en lançant Areva dans l'aventure de l'EPR finlandais avec un contrat clé en mains. Elle ne fait que récolter ce qu'elle a semé. Il ne suffit pas de prétendre avoir de la testostérone pour prendre les bonnes décisions, au contraire une gestion plus féminine des enjeux de l'entreprise auraient sans doute conduit à un meilleur succès.

  • M7018387 il y a 8 mois

    madame Anne Lauvergeon est une femme que j'estime.

  • M5441845 il y a 8 mois

    Quand on est chef, on est responsable de tout. Si on ne se sent pas capable d'assumer une faute faite par un subordonné, on n'accepte pas les postes de responsabilité.

  • berkowi il y a 8 mois

    "Avec le feu vert de toutes les tutelles et de l'Etat (en possession de tous les documents), l'acquisition s'est faite en août 2007..." Ces dizaines de personnes qui ont donné leurs feux verts, comptent pour rien ? Un PDG reçoit des informations de ses collaborateurs et DOIT recevoir l'accord des autorités pour faire ce type d'acquisition. Elle assume car elle a démissionné, mais il faut arrêter de taper sur une seule personne. C'est le propre des décisions que de ne pouvoir être juste à 100%.