Anne, enseignante depuis 20 ans : "Que pouvais-je dire à mes élèves ?"

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Je suis maman, cette gamine était en pleine détresse, je n?ai pas pu faire autrement que d?y mettre de l?affect. Je l?ai prise dans mes bras, je l?ai serrée fort, je l'ai embrassée. J?ai tenté de la rassurer, témoigne Anne.
Je suis maman, cette gamine était en pleine détresse, je n?ai pas pu faire autrement que d?y mettre de l?affect. Je l?ai prise dans mes bras, je l?ai serrée fort, je l'ai embrassée. J?ai tenté de la rassurer, témoigne Anne.

« J'enseigne au lycée dans le sud de la France. Mes élèves ont entre 15 et 20 ans. Ce sont de grands adolescents, de jeunes adultes. Depuis samedi, je me demandais comment gérer la situation. J'étais déjà en poste au moment des attentats contre Charlie Hebdo en janvier, et déjà l'émotion avait été très difficile à gérer. On avait pour se raccrocher le fait que c'était la liberté d'expression et une certaine forme de laïcité qui étaient attaquées. Ça nous donnait un angle pour en discuter avec les élèves, et nous permettait de nous raccrocher, nous professeurs, à de grands principes de notre République.

Ce qui s'est produit ce week-end vise un public tellement large, sans aucune distinction, que cela m'a réellement fait peur. J'ai pensé à mon propre enfant. Comment mes élèves allaient-ils digérer l'information ? Je suis moi-même en prise à de nombreuses émotions, à cette chose incompréhensible, j'avais du mal à organiser mes idées. Comment leur parler, quoi leur dire ? Évoquer l'humanisme, les valeurs républicaines ? C'est un fondamental dans l'école et la fonction publique. Mais quand on a vu quelques images, le carnage, le bain de sang, tout cela me paraissait bien dérisoire.

?On l'a entendue fondre en larmes?

Ce matin, quand je suis rentrée en classe à 9 heures, mes élèves avaient déjà eu une heure de cours. Je leur ai demandé s'ils avaient eu le temps de discuter de ce qui s'est...

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  • M7097610 le lundi 16 nov 2015 à 14:31

    dire que quand des gouvernants lâchent des bombes à 7000 km en faisant croire qu'on ne risque aucune riposte des attaqués, c'est un mensonge.