Ankara veut rallier le monde à sa lutte contre le séparatisme kurde

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ANKARA, 24 septembre (Reuters) - Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu dira aux dirigeants mondiaux à New York la semaine prochaine pour l'Assemblée générale de l'Onu que son pays peut jouer un rôle de premier plan face au "terrorisme", y compris face au djihadisme de l'Etat islamique, mais qu'il espère dans le même temps une certaine compréhension pour ce qui est de sa lutte contre les séparatistes kurdes. Washington, tout en considérant le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) comme une organisation "terroriste", voit dans la milice kurde syrienne YPG, liée au PKK, son principal allié au sol dans la lutte contre l'EI en Syrie. Cette différence de traitement de la part des Américains déconcerte les Turcs et devrait être évoquée en termes explicites par Ahmet Davutoglu, lors de l'Assemblée générale. "La Turquie partagera son expérience avec les dirigeants de la communauté internationale, dans le but de rallier des soutiens pour éviter que le Proche-Orient ne devienne une région qui exporte du terrorisme vers le monde entier", a déclaré un haut responsable turc. "Le Premier ministre soulignera aussi que certains pays, certaines organisations devraient s'abstenir d'encourager et de soutenir le PKK et certains autres groupes(...)", a ajouté le responsable, dont les propos semblaient viser les Etats-Unis. Les propos du porte-parole du département d'Etat américain John Kirby, cette semaine, ont illustré le désaccord de fond entre Washington et Ankara. "Nous ne considérons pas l'YPG comme une organisation terroriste", a-t-il tenu à dire lors d'un point de presse. "Et ils (les miliciens de l'YPG) ont montré qu'ils enregistraient des succès face à l'EI, en territoire syrien", ajoutait John Kirby. La Turquie redoute que les organisations kurdes de Turquie, de Syrie et d'Irak ne fassent pression en faveur de la création d'un Etat kurde indépendant. Le processus de paix qui avait été engagé avec les séparatistes du PKK a volé en éclats cet été avec la reprise des combats entre les forces de sécurité turques et les séparatistes. (Orhan Coskun; Eric Faye pour le service français)

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  • M8252219 le jeudi 24 sept 2015 à 16:07

    C'est qui qui a rompu la trêve?