Ankara veut aider les Kurdes de Kobani, pas militairement

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(Avec déclarations supplémentaires de Davutoglu) par Nick Tattersall et Selin Bucak ISTANBUL, 3 octobre (Reuters) - La Turquie va faire ce qu'elle peut pour éviter que la ville kurde de Kobani (Aïn al Arab), du côté syrien de la frontière, tombe entre les mains des djihadistes de l'Etat islamique (EI), a déclaré le Premier ministre turc tout en semblant écarter une intervention militaire. "Nous ne voulons pas que Kobani tombe. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour empêcher que cela se produise", a assuré Ahmet Davutoglu au cours d'un débat avec des journalistes sur la chaîne de télévision A Haber-ATV, tard jeudi soir. Le dirigeant kurde emprisonné Abdullah Öcalan avait menacé dans la journée de suspendre les négociations de paix entre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et Ankara si les combattants djihadistes devaient prendre Kobani et y commettre un massacre à la faveur de l'inaction turque. Le parlement turc a approuvé peu après un dispositif permettant au gouvernement d'Ankara d'intervenir militairement en Irak et en Syrie pour lutter contre l'Etat islamique. ID:nL6N0RX56G et ID:nL6N0RX5UQ Mais lors du débat télévisé, Ahmet Davutoglu a semblé écarter l'hypothèse d'une intervention militaire imminente. "Certains disent 'Pourquoi ne protégez-vous pas les Kurdes à Kobani?' Si les forces armées turques entrent à Kobani et si ensuite les Turkmènes de Yayladag demandent 'Pourquoi ne nous sauvez-vous pas?', nous devrons y aller aussi", a dit le Premier ministre en évoquant une autre minorité ethnique présente à la frontière syro-turque. "Quand les habitants arabes en face de (la ville frontalière turque de) Reyhanli diront 'pourquoi ne nous sauvez-vous pas non plus?', nous devrons aussi y aller", a-t-il expliqué. Ahmet Davutoglu a ajouté que la Turquie prendrait des "mesures humanitaires" pour protéger les habitants de Kobani mais il a soutenu que si la ville finit par tomber aux mains des combattants de l'EI, "ce ne sera pas la faute de la Turquie". Le gouvernement turc s'est jusqu'alors montré réticent à rejoindre la coalition formée par les Etats-Unis contre l'EI. Il estime une telle intervention inutile si la création d'une zone d'exclusion aérienne dans le nord de la Syrie et le départ du président syrien Bachar al Assad ne sont pas à l'ordre du jour. "Vous savez ce qui va se passer s'il n'y a pas de zone d'exclusion aérienne?", a demandé Ahmet Davutoglu aux journalistes avec lesquels il débattait. "Les camps de l'EIIL (ex-acronyme de l'EI, Etat islamique en Irak et au Levant) vont être bombardés et ensuite le régime syrien, Assad, celui-là même qui a commis tous ces massacres, se croyant désormais légitime, va attendre son heure et bombarder Alep. "L'EIIL va se replier, l'Armée syrienne libre (l'opposition non islamiste soutenue par les Occidentaux, NDLR) est faible et le régime va bombarder Alep avec toute ses forces. Trois millions de personnes vont alors fuir Alep vers la Turquie", a conclu le Premier ministre turc. (Tangi Salaün pour le service français, édité par Danielle Rouquié)

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  • pierry5 le vendredi 3 oct 2014 à 14:43

    Ils vont leur offrir des fleurs !