Ankara va relancer son projet de présidentialisation

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    ANKARA, 12 octobre (Reuters) - Le gouvernement turc va 
relancer son projet de réforme constitutionnelle visant à 
étendre les pouvoirs présidentiels, a déclaré mercredi le 
Premier ministre, Binali Yildirim. 
    Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui fut chef du 
gouvernement de 2003 à 2014, veut doter son pays d'un régime 
présidentiel susceptible de le replacer au centre du processus 
décisionnel. 
    Si les sondages d'opinion laissent entendre que la 
population turque est hostile à ce projet, Recep Tayyip Erdogan 
a su consolider son pouvoir et sa popularité dans la foulée de 
l'échec du coup d'Etat du 15 juillet et il souhaite profiter de 
ce regain pour relancer son programme. 
    "La Turquie doit donner un statut légal à la situation 
actuelle", a déclaré Binali Yildirim, un proche de Recep Tayyip 
Erdogan désigné en mai. 
    Selon lui, une présidentialisation de la Turquie permettra 
aux institutions de travailler avec davantage d'efficacité et 
renforcera la stabilité politique. 
    Élu à la présidence turque en 2014 après avoir exercé trois 
mandats de Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan est à l'étroit 
dans le costume de président, une fonction actuellement 
essentiellement protocolaire. 
    "Nous allons prendre des mesures allant dans cette direction 
et nous laisserons ensuite le Parlement ou le peuple se 
prononcer", a déclaré Binali Yildirim. 
    Pour être adoptée directement, une réforme constitutionnelle 
doit récolter le soutien d'au moins 367 députés sur les 550 que 
compte l'assemblée. Le Parti de la justice et du développement 
(AKP) de Recep Tayyip Erdogan n'en comptant que 317, il lui faut 
obtenir le soutien d'autres parlementaires. S'il parvient à 
atteindre 330 voix, le projet pourra être soumis à référendum. 
    Devlet Bahceli, chef de file du Parti d'action nationaliste 
(MHP), autrefois hostile au projet, a fait savoir mardi qu'il ne 
s'y opposerait plus, jugeant qu'une telle réforme permettrait de 
renforcer le système actuel. Ses 40 sièges à l'assemblée 
pourraient permettre à l'AKP d'atteindre le seuil des 330 voix 
et soumettre le projet de révision à référendum. 
    Le Parti républicain du peuple (CHP), laïc et 
social-démocrate, et le Parti démocratique des peuples (HDP), 
pro-kurde, respectivement deuxième et troisième principales 
formations politiques de l'assemblée, s'opposent au projet. 
 
 (Ayla Jean Yackley et Ercan Gurses, Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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