Ankara défend l'envoi de troupes dans le nord de l'Irak

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 (Actualisé avec précisions) 
    ISTANBUL/ERBIL, 7 décembre (Reuters) - Ankara a justifié 
lundi l'envoi de troupes turques près de Mossoul, dans le nord 
de l'Irak, par la nécessité de protéger ses soldats présents 
pour y entraîner l'armée irakienne après que Bagdad eut exigé 
leur départ. 
    Plusieurs centaines de soldats turcs ont été envoyés jeudi 
dans un camp de la région de Bachika, au nord-est de Mossoul, 
dans le cadre d'une rotation de routine, assure le gouvernement 
turc. Ce déploiement est, selon Ankara, justifié par la 
nécessité de protéger les instructeurs turcs.  ID:nL8N13V0KW  
    Mais l'Irak a dénoncé une violation de sa souveraineté et le 
Premier ministre Haïdar al Abadi a déclaré qu'il saisirait le 
Conseil de sécurité des Nations unies si les troupes turques 
n'étaient pas retirées dans les 48 heures. 
    Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, 
a toutefois assuré qu'Haïdar al Abadi avait demandé à plusieurs 
reprises à Ankara d'amplifier son soutien et, selon lui, 
plusieurs pays ont incité Bagdad à réagir aussi vigoureusement, 
sans donner davantage de précisions. 
    "Nous devons offrir une sécurité à nos soldats qui 
dispensent des formations là-bas", a dit Mevlut Cavusoglu, dans 
un entretien accordé à la chaîne de télévision turque Kanal 24. 
    "Leur rôle est clair. Des entraînements sont dispensés et 
des équipements sont fournis. Notre présence là-bas n'est un 
secret pour personne", a-t-il encore déclaré, prévenant au 
passage, qu'à son avis, les frappes aériennes ne suffiront pas 
pour déloger les combattants de l'Etat islamique des positions 
qu'ils occupent en Syrie. 
    Un responsable turc a expliqué qu'Ankara avait été surpris 
par la réaction de Bagdad. "Rien dans ce qui a eu lieu ne s'est 
produit sans que le gouvernement central en ait été informé", 
a-t-il dit. 
    "Les militaires présents pour des entraînements resteront. 
Pas parce que nous y tenons particulièrement mais parce que cela 
correspond à une demande du gouvernement irakien. Les 
discussions avec le gouvernement central se poursuivent." 
    Le nombre de soldats turcs présents en Irak est bien 
inférieur à un millier, a-t-il précisé. 
    Brett McGurk, représentant de la Maison blanche au sein de 
la coalition montée contre l'Etat islamique, a déclaré sur 
Twitter que Washington n'approuvait pas les missions menées sur 
le territoire irakien qui n'auraient pas au préalable recueilli 
l'assentiment de Bagdad, ce qui est selon lui valable également 
pour les missions menées par l'armée américaine. 
 
 (Daren Butler et Isabel Coles,; Nicolas Delame pour le service 
français) 
 
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