Ankara autorise le passage de 200 peshmergas vers Kobani

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(Actualisé tout du long) RIGA/ERBIL, 23 octobre (Reuters) - Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré jeudi qu'un accord avait été conclu sur le passage par le territoire turc de 200 peshmergas kurdes d'Irak allant participer à défense de la ville kurde syrienne de Kobani assiégée par les combattants de l'Etat islamique. Un haut responsable de la région du Kurdistan irakien a précisé que ces troupes seraient équipées d'armements plus lourds que ceux dont disposent les Kurdes qui défendent la ville frontalière. Les élus du parlement de la région semi-autonome du Kurdistan irakien avaient approuvé mercredi l'envoi de renforts, liant de fait les deux conflits, en Irak et en Syrie. "J'ai été informé qu'ils avaient finalement conclu un accord sur le chiffre de 200 (combattants)", a indiqué Erdogan qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse à Riga en Lettonie. Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu avait déclaré dès lundi que la Turquie facilitait le passage des peshmergas d'Irak vers Kobani, pour combattre aux côtés des Kurdes syriens défendant la ville, assiégée par les djihadistes de l'Etat islamique. Les différentes factions kurdes syriennes ont par ailleurs annoncé qu'elles avaient conclu un accord de partage du pouvoir et qu'elles avaient enterré leurs vieilles rivalités afin de présenter un front uni contre l'EI. Cet accord a été conclu au terme de neuf jours de négociations sous l'égide de Massoud Barzani, président du Kurdistan irakien. PAS DE CALENDRIER Les différents groupes armés kurdes ont mis à profit depuis trois ans la rébellion contre le gouvernement de Bachar al Assad pour asseoir leur contrôle sur plusieurs zones du nord de la Syrie. Le Parti de l'union démocratique (PYD), pendant syrien du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui opère en Turquie, a réussi à constituer "trois cantons" autonomes qu'il administre dans la région longeant la frontière turque, une décision contestée par d'autres formations dont le Conseil national kurde (KNC). L'accord conclu mercredi prévoit la constitution d'un nouvel organe décisionnaire dans lequel toutes les tendances seront représentées. Il s'attaque également à l'un des points de friction les plus sensibles, celui de la volonté du PYD d'interdire toute organisation armée autre que celle constituée par ses milices réunies au sein des Unités de protection populaire (YPG). Le tissu administratif mis en place par le PYD va être "développé" et des élections seront organisées pour la constitution d'un parlement kurde syrien. Aucun calendrier n'a été fixé pour ces échéances. Cet accord est le troisième du genre, les deux précédents n'avaient pas réussi à créer l'unité dans les rangs des Kurdes syriens. (Aija Krutaine et Humeyra Pamuk; Eric Faye pour le service français)

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