Ankara a frappé les Kurdes de l'YPG à 2 reprises en Syrie

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(actualisé avec localisation des attaques selon l'YPG) ISTANBUL, 27 octobre (Reuters) - Les forces turques ont frappé à deux reprises en Syrie des miliciens kurdes syriens parce qu'ils n'avaient pas tenu compte de l'avertissement d'Ankara de ne pas s'aventurer à l'ouest de l'Euphrate, a déclaré lundi soir le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu. "Nous avions dit: 'le parti PYD ne mettra pas le pied à l'ouest de l'Euphrate, sans quoi nous le frapperions. Et cela, nous l'avons fait à deux reprises", a expliqué Ahmet Davutoglu à la chaîne de télévision AHaber, sans dire à quand remontent les attaques turques. Ankara craint que la progression des miliciens kurdes de l'YPG, soutenus par leur branche politique, le PYD, du côté syrien de sa frontière, n'attise les ambitions séparatistes chez les Kurdes du sud-est de la Turquie. Les Etats-Unis, en revanche, soutiennent les combattants de l'YPG, voyant en eux une force efficace pour mener la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), lequel contrôle d'importantes régions de Syrie mais aussi du nord et de l'ouest de l'Irak. L'YPG avait déclaré au cours du week-end que l'armée turque avait attaqué à deux reprises ses positions, près des villes frontières de Tel Abiad et de Kobani. Tel Abiad a été prise en juin dernier par l'YPG au groupe EI, avec l'appui aérien de la coalition internationale sous conduite américaine. La semaine dernière, un dirigeant local a annoncé que cette ville faisait désormais partie de l'administration autonome mise en place par les Kurdes de Syrie. Cela a provoqué la colère du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a accusé samedi les combattants kurdes de chercher à s'assurer le contrôle de tout le nord de la Syrie, et qui a ajouté qu'Ankara ne le permettrait pas. Les Kurdes syriens ont mis en place trois zones autonomes, ou "cantons", dans le nord de la Syrie, depuis le début de la guerre civile en 2011. Ils démentent vouloir créer leur propre Etat. (Humeyra Pamuk, avec Sylvia Westall à Beyrouth; Eric Faye pour le service français)

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