Anigo, son témoignage poignant

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Anigo, son témoignage poignant
Anigo, son témoignage poignant
Dans un entretien à Paris Match, José Anigo revient sur son départ de Marseille, sa ville mais aussi celle où son fils a été assassiné. Devenu recruteur-ambassadeur de l'OM sur le continent africain, l'ancien coach phocéen explique pourquoi il ne peut plus revenir chez lui. Avec amertume.

Les mots sont forts, le témoignage poignant. Quelques mois après son départ de Marseille, José Anigo a décidé de s'expliquer, de livrer les raisons de son échappatoire au Maroc, sa nouvelle « patrie ». Car il ne s'agit pas là simplement d'un changement de carrière - il a été nommé recruteur-ambassadeur de l'OM en Afrique - mais bien d'un changement de vie pour s'éloigner d'une ville où il a connu des hauts mais surtout beaucoup de bas lors des dernières années. Car c'est bien évidemment le souvenir douloureux de l'assassinat de son fils le 5 septembre 2013 qui hante sa mémoire. Et l'empêche de retourner dans une ville qui a « dévoré » son fils comme il l'affirme dans un entretien à Paris Match. « Aujourd'hui je ne peux vivre avec elle, ajoute-t-il. Tout me rappelle Adrien. Et puis, à l'OM, les Marseillais, les supporteurs, les médias ne me supportent plus. A cause des mauvais ¬résultats de l'équipe, des histoires. Mais aussi, comme en ¬politique, au bout de vingt-cinq ans, on en a marre de voir les mêmes tronches. »

« J'ai songé à rejoindre Adrien »

Un constat amer pour celui qui a tout fait à l'OM. Joueur, entraîneur, directeur sportif, cet enfant de Marseille a connu une histoire tourmentée avec son club de toujours. Au point d'en arriver à des pensées sordides quelques mois après la mort de son fils. A l'époque, l'OM est engagé en Ligue des Champions mais le moral n'y est pas. Au point de penser au suicide. « Pour être franc, lors d'un déplacement à Naples avec l'OM, en octobre dernier, j'ai songé à rejoindre Adrien, confie l'ancien entraîneur marseillais. Nous étions sur la terrasse d'un grand hôtel et je regardais en bas, en pensant que c'était le bon endroit pour partir. J'ai senti ma vie tenir à un fil. Puis j'ai réalisé que je ne pouvais pas abandonner ma famille. » Une famille qu'il a tenté de protéger et qu'il essaie de mettre à l'abri. Même s'il juge qu'il en fait parfois trop. « Je vis dans la peur de perdre les autres, explique-t-il encore. Je les empêche de vivre. C'est très dur pour ma cadette de 13 ans, je veux la protéger, mais je suis dans l'excès. J'essaie de faire des efforts et ils paient. J'avance. Lentement. Je continue à vivre. A sourire. Je ne pensais pas en être capable. »

« Je reviendrai pour y être enterré à côté de mon fils »

Aujourd'hui, c'est une nouvelle étape de sa carrière qui se dresse devant lui. Le passé est forcément là, irréversible. Mais sa carrière, qui le mène maintenant au Maroc, est loin d'être terminée. Après 25 ans de bons et loyaux services, José Anigo continue de servir la cause marseillaise malgré toutes les critiques qui se sont abattues sur lui. Parfois à juste titre. Mais il faut bien au moins admettre une chose : il a toujours été fidèle à l'OM. Cela n'a pas forcément toujours servi les intérêts du club phocéen. Il était d'ailleurs temps de se retirer et de céder la place. « Je pars, libéré et serein. J'en ai besoin », assure-t-il, avant d'ajouter quelques mots sur les conséquences de la mort de son fils : « Je suis à fleur de peau, renfermé, désagréable. Il ne pouvait pas m'arriver pire, c'était l'enfant dont j'étais le plus proche. Il était tout pour moi. » Désormais, son retour dans la cité phocéenne n'est plus d'actualité. A moins qu'un évènement ne vienne bouleverser ses plans. « Je n'en sais rien... Je reviendrai pour y être enterré à côté de mon fils, car j'aime passionnément ma ville. » Et la boucle sera bouclée.


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